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Bulletin Quotidien Europe N° 11840
ACTION EXTÉRIEURE / Venezuela

L’UE ne reconnaît pas l'élection de l’Assemblée constituante

L’Union européenne ne reconnaît pas l'élection de l'assemblée constituante qui s'est tenue au Venezuela dimanche 30 juillet, a implicitement reconnu, le lendemain, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) dans un communiqué. Cette élection, boycottée par l'opposition, a été entachée par des violences et la mort d’au moins 15 personnes.

« Une assemblée constituante, élue dans des circonstances douteuses et souvent violentes, ne peut pas faire partie de la solution » à la crise actuelle, a ainsi expliqué le porte-parole. Selon lui, le vote « a augmenté la division » du pays et va « affaiblir encore davantage les institutions démocratiquement élues » et « légitimes », « dont le rôle est de travailler ensemble et de trouver une solution négociée à la crise actuelle ». Le porte-parole a rappelé que le président Nicolás Maduro et le gouvernement avaient « la responsabilité spéciale de rétablir l'esprit de la Constitution et de rétablir la confiance perdue par leur tentative de créer des institutions parallèles qui divisent ».

De son côté, la porte-parole de la Commission a expliqué, le 31 juillet, que « la Commission exprimait de sérieux doutes quant à savoir si le résultat de l'élection pouvait être reconnu  », alors qu’avant même le vote, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, avait prévenu, le 28 juillet que le Parlement ne reconnaîtrait pas les résultats.

Le Conseil national électoral (CNE) a revendiqué un taux de participation de 41,5% alors que l’opposition avance une participation de 12%. Cette nouvelle assemblée devrait donner les pleins pouvoirs au chef de l’État, Nicolás Maduro, qui a promis de lever l’immunité parlementaire des députés de l’opposition, majoritaires au Parlement depuis 2016, et de reprendre le contrôle du parquet.

L’UE regrette profondément la violence et les troubles lors des élections, a ajouté le porte-parole du SEAE dans son communiqué. Il a appelé toutes les parties à s’abstenir de la violence, condamnant « l'utilisation excessive et disproportionnée de la force par les forces de sécurité ».

Pour le porte-parole, les élections et les violences de ces dernières heures « ont renforcé la préoccupation de l'UE concernant le destin de la démocratie au Venezuela ». L’avenir de la démocratie « est une préoccupation légitime de tous les pays de la région et des partenaires du Venezuela dans le monde entier », a-t-il prévenu. « Le gouvernement vénézuélien a la responsabilité d'assurer le respect de l'État de droit et des droits fondamentaux, tels que la liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement », a-t-il ajouté.

Soutenant les efforts de médiation régionaux en cours, l'UE continuera à fournir une aide d'urgence au peuple vénézuélien et à promouvoir une solution politique à la crise, a prévenu le porte-parole.

Interrogée, quant à elle, sur de possibles sanctions à l’encontre du Venezuela, la porte-parole de la Commission, Mme Andreeva, n’a pas souhaité commenter, précisant seulement que la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité travaillait à une réaction de l’UE, au nom des 28. (Camille-Cerise Gessant)

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