Le socialiste français Benoît Hamon et la coprésidente du groupe des Verts/ALE au PE, l’Allemande Ska Keller, ont mentionné la possibilité de créer des listes transnationales et transpartisanes pour les prochaines élections européennes de 2019, lors d’une conférence sur une Europe alternative, qui s’est tenue à Bruxelles, mercredi 21 juin dans la soirée.
L’évènement était organisé par le ‘Progressive Caucus’, un espace de dialogue créé en 2016 par des députés européens, et dont l’objectif est de rassembler les différentes forces politiques de la gauche et écologistes au sein du PE.
Étaient invités, en plus de M. Hamon et Mme Keller, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, la présidente de la GUE/NGL, Gabi Zimmer, et John Crombez, leader du parti socialiste belge flamand Sp.a, ce dernier étant venu remplacer Paul Magnette. La conférence visait à apporter un scénario alternatif aux cinq scénarios sur l’avenir de l’UE présentés par la Commission européenne début 2017 (EUROPE 11736).
Les échanges sont restés d’ordre général. Tous les intervenants sont tombés d’accord sur le diagnostic : l’Union est sous l’emprise du néolibéralisme depuis plus de trois décennies. Et c’est ce néolibéralisme, en plus d’un déficit démocratique institutionnel, qui est à l’origine du désamour des citoyens européens et de la montée des forces nationalistes antieuropéennes, selon leur analyse. Alexis Tsipras a ici prophétisé l’implosion de l’Union, si aucun changement n’avait lieu, surtout en matière de solidarité entre les États membres du Nord et du Sud. Peu de clivages ont percé lors des échanges, et tous ont appelé à une troisième voie entre l’Europe néolibérale et le repli national : celle d’une Europe sociale, démocratique et écologiste.
La question de renverser les rapports de force s’est alors posée. Ici, Benoît Hamon a émis la possibilité de constituer des listes transpartisanes et transnationales pour les prochaines Européennes. La coprésidente des Verts a proposé, de son côté, la possibilité de recycler les sièges britanniques vacants pour la prochaine législature afin de créer une circonscription européenne.
Ces deux derniers dirigeants ont semblé diverger quant à la forme que pourrait prendre cette alliance, entre une gauche écologiste plurielle ou une gauche unie. Mme Keller s’est dite favorable au fait de maintenir la diversité des forces progressistes, alors que M. Hamon a préféré la solution d’une force unique, observant que les conservateurs et libéraux étaient organisés en bloc homogène.
M. Hamon a expliqué à EUROPE que les clivages historiques entre la gauche radicale, la social-démocratie, et l’écologie politique étaient dépassés et qu’il fallait réinventer la gauche en se structurant autour de l’écologie. Il nous a confirmé que, pour lui, la grande échéance à venir était les prochaines élections européennes en 2019.
Une prochaine conférence de haut niveau devrait se tenir en automne, soit en septembre soit en octobre.
Certaines forces de la gauche radicale, portées par Jean-Luc Mélenchon (GUE/NGL, français), réfléchissent également à la manière de réformer l’Europe, mais en instaurant un rapport de force d’une autre nature – non pas construite sur le renversement du rapport de forces politiques en Europe – mais sur la menace d’une sortie de l’Union (EUROPE 11744). (Pascal Hansens)