Le Parlement européen, saluant la formation d'un nouveau gouvernement en Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), le 31 mai 2017, a « instamment prié » ce gouvernement d'« appliquer rapidement les réformes nécessaires pour assurer l’intégration euroatlantique du pays et servir la perspective européenne de celui-ci dans l’intérêt des citoyens ».
Tous les partis politiques doivent agir dans un esprit de réconciliation et coopérer avec le gouvernement en vue du rétablissement de la confiance dans le pays et ses institutions, notamment à travers la pleine application de l’accord politique de juin et juillet 2015 - l’accord de Pržino - et des réformes prioritaires à opérer d’urgence, ajoute le rapport de Ivo Vajgl (ADLE, slovène) sur le rapport 2016 concernant l’ARYM, adopté par le Parlement (503 voix pour, 113 contre et 46 abstentions).
Toutes les parties doivent faire preuve de volonté politique et de responsabilité pour surmonter le climat politique conflictuel, la polarisation et l’absence de culture de compromis et renouer le dialogue, expliquent les députés, qui rappellent le « rôle primordial du parlement dans l’évolution démocratique du pays et en tant que lieu privilégié du dialogue et de la représentation politiques ». Ils insistent sur l’importance de progrès dans la réforme de l’administration publique, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts. Les députés déplorent les « revirements incessants » dans la réforme du pouvoir judiciaire « qu’il convient d’encourager à exercer ses fonctions de manière indépendante » et demandent à ce que le Bureau du procureur spécial soit pleinement soutenu.
Le PE « réaffirme son soutien à l’ouverture des négociations d’adhésion, à condition que des progrès soient accomplis dans l’application de l’accord de Pržino permettant d’en assurer la mise en œuvre complète, concrète et durable et qu’une avancée importante soit réalisée dans l’application des réformes systémiques prioritaires à opérer d’urgence ». Les députés invitent ainsi la Commission « à évaluer, dès qu’elle le pourra, mais avant la fin de l’année 2017, les progrès accomplis par le pays en matière de mise en œuvre de l’accord politique » et le Conseil à aborder la question des négociations d’adhésion « dès que possible ». (Camille-Cerise Gessant)