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Bulletin Quotidien Europe N° 11808
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / FiscalitÉ

Les eurodéputés Verts/ALE demandent à la Commission d'enquêter à Malte

Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a écrit à la Commission européenne, mercredi 14 juin, pour lui demander de se pencher sur les soupçons de blanchiment d’argent de personnes politiquement exposées, soulevés par la cellule d’informations financières maltaise et apparemment non suivis d’effet à ce jour.

Selon les Verts/ALE, un rapport de la cellule en question concerne en effet Keith Schembri (cité dans Panama Papers), le chef de cabinet du Premier ministre, Joseph Muscat, et s’inquiète de plusieurs transactions d’une valeur totale de 100 000 euros en faveur de M. Schembri depuis une entreprise située dans les îles Vierges britanniques. Un autre rapport de la cellule démontre que la banque Pilatus aurait violé la législation maltaise anti-blanchiment en ne dénonçant pas cette transaction douteuse aux autorités. Les Verts/ALE demandent donc que la Commission analyse la mise en œuvre de la directive anti-blanchiment d’argent à Malte.

Invité devant le Parlement européen, mercredi, Joseph Muscat a énuméré les réformes menées sous sa houlette à Malte et, ayant été réélu lors des élections anticipées provoquées justement en réponse aux allégations, a promis de nouvelles réformes lors de ce nouveau mandat, notamment un code de conduite pour les personnes travaillant dans la fonction publique.

Les députés n’ont pas épargné le Premier ministre maltais. Le député tchèque Petr Ježek (ADLE) a estimé qu’à Bruxelles, Malte luttait contre les efforts européens pour aller vers plus de transparence, notamment dans le cadre de la transparence fiscale pays par pays, de la directive anti-blanchiment d’argent et de la relance du projet d’assiette commune consolidée sur l’impôt des sociétés. Son allié allemand, Michael Theurer, a demandé au Premier ministre des explications sur le refus de Malte de rejoindre la coopération renforcée sur le Procureur européen. Le chef du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber, pour sa part, lui a demandé pourquoi conserver dans son équipe une personne ayant été citée dans le scandale Panama Papers.

Les députés du groupe S&D (alliés du chef du gouvernement maltais) se sont voulus plus mesurés. Le Néerlandais Paul Tang a estimé qu’il manquait « des faits » et qu’il n’y avait que des allégations autour de l’entourage du Premier ministre maltais. Son collègue danois Jeppe Kofod a tenu le même discours et estimé que l’UE elle-même n’était peut-être pas capable de répondre au scandale Panama Papers.

Joseph Muscat s’est défendu avec virulence, indiquant ironiquement à Manfred Weber qu’un commissaire européen du PPE avait également été impliqué dans Panama Papers et « personne ne dit rien là-dessus. »

Il a rappelé que les normes maltaises avaient été évaluées par l’UE à l’entrée de Malte dans l’Union et qu'elles répondaient aussi aux normes de l’OCDE. Il a réfuté l’idée reçue selon laquelle l’économie de l’île dépendrait énormément des services financiers, estimant que les puces électroniques étaient le premier produit exporté par Malte. « On n’est pas une économie 'boîte aux lettres' », a-t-il dit. Quant aux allégations qui entourent son épouse et ses prétendus liens avec une société citée dans Panama Papers, il les a qualifiées de 'fake news'. (Élodie Lamer)

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