La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a dénoncé, mercredi 31 mai, la nouvelle loi sur les organisations non gouvernementales en Égypte, estimant qu'elle impose des contraintes supplémentaires sur les activités des ONG et limite l'espace de débats et de discussions dans le pays.
Cette loi « risque de rendre plus difficile la contribution de la société civile au développement politique, économique et social » en Égypte, a expliqué la porte-parole dans un communiqué. De plus, selon elle, certaines dispositions, telles que celles liées au processus d'inscription, aux activités que les ONG sont autorisées à exécuter et à la procédure de réception des fonds nationaux et étrangers, « risquent également d'affecter directement l'aide de coopération européenne en Égypte », alors qu’une grande partie de la coopération entre l’UE et l’Égypte repose sur les organisations non gouvernementales.
Les autorités égyptiennes doivent « appliquer la nouvelle loi de manière à ne pas intimider, restreindre ou criminaliser les organisations pacifiques de la société civile et leurs membres », a souligné la porte-parole du SEAE. « Une société civile florissante, capable de travailler dans de bonnes conditions, est importante pour le développement démocratique et économique et pour contribuer à la stabilité politique », a insisté la porte-parole précisant que l’UE attendait du gouvernement égyptien qu’il mette pleinement en œuvre et respecte toutes les garanties stipulées dans la Constitution égyptienne et dans le droit international concernant les normes en matière de liberté d'expression et d'association.
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a promulgué, le 24 mai, cette nouvelle loi régulant les activités des ONG qui prévoit des peines allant jusqu'à cinq ans de prison et des amendes pouvant atteindre 59 000 euros en cas de non-respect de ses dispositions. En vertu de ce texte, aucune organisation ne peut mener une étude ou un sondage et les publier sans une autorisation de l'État. Les ONG étrangères devront aussi payer jusqu'à 18 000 euros pour s'installer dans le pays et devront renouveler régulièrement leur permis. Une « Autorité nationale » composée de représentants des services de sécurité, des renseignements et de l'armée gèrera toute question relative aux financements venus de l'étranger ou aux activités des organisations étrangères installées en Égypte. (Camille-Cerise Gessant)