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Bulletin Quotidien Europe N° 11745
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits de l'homme

La question du bâillon mondial divise largement le Parlement européen

Rarement l'hémicycle du Parlement européen aura été le théâtre d'autant de cartons bleus qu'à l'occasion du débat sur la question du bâillon mondial, lors de la séance plénière à Strasbourg, mardi 14 mars.

Les députés se sont montrés extrêmement divisés, selon leur nationalité, vis-à-vis de la position à adopter face à l'interdiction décrétée par le président américain Donald Trump d'allouer des fonds fédéraux aux ONG étrangères soutenant l'avortement.

Plus tôt, ils avaient pourtant adopté une résolution non-législative sur l'égalité des genres en 2014-2015, qui déclarait que « le refus des services de santé sexuelle et génésique, y compris de l’avortement, pour sauver la vie d’une femme, représente une grave atteinte aux droits de l’homme fondamentaux ». 

Intervenant au nom de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, le commissaire Christos Stylianides a apporté son soutien à la campagne 'She Decides' initiée par les Pays-Bas, la Suède, la Belgique et le Danemark et qui a permis de récolter plus de 180 millions d'euros de promesses d'engagement (EUROPE 11737). « Nous sommes préoccupés par l'impact qu'aura l'initiative de M. Trump sur l'accès aux soins de santé et aux soins génésiques. Cette décision pourra avoir des conséquences sur les objectifs mondiaux pour le développement », a déclaré M. Stylianides, se disant « conscient de la nécessité de fournir les financements nécessaires ».

Mais, son intervention n'a pas été aux goûts des députés opposés à l'interruption volontaire de grossesse, tels que Branislav Skipek (CRE, slovaque), Marie-Christine Arnautu (ENL, française), Marijana Petir (PPE, croate) ou encore Raymond Finch (ELDD, britannique). Après leur intervention, nombre d'entre eux se sont vus adressés un carton bleu leur demandant, entre autres, s'ils avaient déjà parlé avec une femme tombée enceinte après un viol ou dont la vie était mise en danger par la grossesse.

Sans surprise, les députés des groupes S&D, GUE/NGL, ADLE et Verts/ALE ont été les plus virulents. La députée Sophia in't Veld (ADLE, néerlandaise) a notamment affirmé qu'elle déposerait des amendements au projet de budget de l'UE pour augmenter les fonds consacrés à la santé génésique et reproductive. 

Cette question devrait être discutée lors du Conseil Affaires Générales, le 3 avril. (Sophie Petitjean)

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