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Bulletin Quotidien Europe N° 11745
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ACTION EXTÉRIEURE / Philippines

La violente 'guerre contre la drogue' menace les arrangements commerciaux avec l'UE

L'octroi des préférences commerciales de l'UE aux Philippines en vertu du régime SPG+ ainsi que la poursuite des négociations pour un accord bilatéral de libre-échange (lancées début 2016) commencent à être mis en doute par la partie européenne, devant la détérioration de la situation des droits de l'homme dans le pays, conséquente à la violente guerre contre le trafic de drogue menée par le président philippin, Rodrigo Duterte, depuis son élection en juin 2016.

En marge d'une réunion avec les ministres de l'Économie de la zone ASEAN, vendredi 10 mars à Manille, la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a exprimé son inquiétude face à la 'guerre contre la drogue' aux Philippines et le projet du Congrès philippin d'y rétablir la peine de mort, abolie en 2006, avertissant que la poursuite des assassinats sommaires par la police philippine et l'adoption d'une loi sur la peine de mort pourraient déclencher une révision des arrangements commerciaux avec l'UE.

« Nous sommes préoccupés par le rétablissement de la peine de mort, les exécutions sommaires et la proposition d'abaisser l'âge de la responsabilité judiciaire à l'âge de neuf ans. Ce sont des préoccupations que nous avons transmises à nos partenaires philippins », a déclaré Mme Malmström, relayée par le quotidien national The Manila Times.

« L'UE ne comprend pas les problèmes des Phillipines. Franchement, ce que le président veut, c'est améliorer le pays, pour qu'il devienne un pays digne du peuple philippin », a répondu le porte-parole de M. Duterte, Ernesto Abella, relayé par une station de radio locale.

« Mme Malmström a raison de dire que la situation actuelle aux Philippines appelle à mettre en question les négociations de libre-échange et la poursuite de l'octroi des préférences commerciales SGP+ », a réagi le rapporteur du Parlement européen sur les pourparlers de libre-échange UE/Philippines, David Martin (S&D, britannique), sollicité par EUROPE, mardi 14 mars. « Le SPG+ est conditionné au respect par les Philippines des critères internationaux relatifs aux droits de l'homme. L'UE n'aura d'autre choix que d'agir en conséquence. Ce n'est pas une menace, mais la réalité », a insisté M. Martin. « Il est très improbable que le PE soutienne la poursuite des pourparlers de libre-échange dans les circonstances actuelles. Si les Philippines accordent vraiment de l'importance aux perspectives de liens économiques plus étroits avec l'UE, elles devraient prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux exécutions sommaires qui se produisent », a-t-il conclu.

Le PE doit voter, ce jeudi, une résolution d'urgence sur la situation des droits de l'homme aux Philippines et sur le cas de la sénatrice Leila De Lima, principale opposante à la 'guerre contre la drogue' menée par le président Duterte, arrêtée par la police philippine en février. Dans son projet de texte, le groupe S&D « demande instamment à la Commission d'utiliser tous les instruments disponibles pour faire pression sur les Philippines pour qu'elles mettent un terme à la 'guerre contre la drogue', incluant, en l'absence d'amélioration substantielle au cours des prochains mois, des étapes procédurales en vue de la suppression éventuelle des préférences SPG+ ». Le texte ne fait en revanche aucune référence aux négociations pour un accord de libre-échange. (Emmanuel Hagry)

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