Pour protéger l’environnement et la santé publique, le Parlement européen a donné son aval, mardi 14 mars à Strasbourg, aux nouvelles règles qui limiteront significativement l’utilisation dans l’UE du mercure, y compris dans les amalgames dentaires des personnes les plus vulnérables à ce métal lourd hautement toxique.
À une très large majorité (663 voix pour, 8 contre, 28 abstentions), les eurodéputés ont validé l’accord provisoire trouvé en première lecture avec le Conseil de l’UE en fin d’année 2016 sur la proposition de règlement qui transposera dans l’UE la Convention onusienne de Minamata de 2013 (EUROPE 11691).
Le texte prévoit notamment l’interdiction d’importer le mercure et ses composants à compter du 30 décembre 2020 et l’élimination progressive du mercure en dentisterie, avec pour commencer, l’interdiction des amalgames dentaires à compter de juillet 2018 pour les enfants de moins de quinze ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.
Le compromis trouvé avec le Conseil avait le soutien de tous les grands groupes (PPE, S&D, ADLE, CRE, Verts/ALE, GUE/NGL). Et même si la GUE et les Verts ont rappelé qu'ils auraient souhaité une interdiction totale du mercure dans la dentisterie d’ici à décembre 2022, comme le demandait initialement le Parlement, ils considèrent que le texte voté constitue une avancée par rapport à la proposition initiale de la Commission.
« Le mercure est hautement toxique et c’est l’une des dix substances présentes à l’état naturel et causant le plus de dégâts sur cette planète. Les fœtus, les nouveau-nés sont les groupes les plus vulnérables étant donné que dans la phase de croissance, le cerveau et le système nerveux sont très sensibles au mercure », a souligné le rapporteur, l’eurodéputé allemand Stefan Eck (GUE/NGL)
Le texte agréé marque aussi la fin du stockage souterrain du mercure liquide en limitant à cinq ans les possibilités de stockage temporaire. Il prévoit que la Commission dresse un inventaire des sites contaminés dans les trois ans, sur la base des informations que lui auront fournies les États membres. (Aminata Niang)