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Bulletin Quotidien Europe N° 11725
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

La vision favorable à une intégration européenne accrue l'emporte encore au PE

Les forces pro-européennes au Parlement européen, composées des groupes politiques PPE, S&D et ADLE formant la défunte 'Grande coalition', devraient imposer leur vision de l'avenir de l'Union européenne au moment où le Royaume-Uni a décidé de la quitter, jeudi 16 février lors du vote en session plénière sur trois projets de résolution sur une Union réformée à traité constant ou moyennant un changement de traité (EUROPE 11686) et sur la création d'une capacité budgétaire pour la zone euro (voir autre nouvelle).

« L'Union européenne nécessite à nouveau une réforme en profondeur », a déclaré Guy Verhofstadt (ADLE, belge), mardi 14 février lors d'un débat en session plénière à Strasbourg. Selon lui, les citoyens européens ne veulent pas moins d'Europe, mais ils sont déçus parce que l'Union, telle qu'elle fonctionne aujourd'hui, produit trop peu de résultats et trop tard. Aux trois critiques fondamentales formulées par les Eurosceptiques et Europhobes, il a répondu : - Notre vision est-elle trop institutionnelle ? Sans Corps européen des gardes-frontières et des gardes-côtes, pas de fermeté dans la gestion des flux migratoires ; - Les citoyens veulent-ils moins d'Europe ? Nous prônons une Commission européenne réduite, moins de règlementation, des politiques plus sociales ; - Sommes-nous trop visionnaires ? Sans définir un projet à long terme, impossible de convertir les citoyens à l'Union européenne.

Le rapport élaboré par Mercedes Bresso (S&D, italienne) et Elmar Brok (PPE, allemand) identifie les domaines où une intégration européenne à traité constant aurait une véritable valeur ajoutée, telle l'énergie, la défense, la migration, la politique sociale. M. Brok a déploré que les États membres refusent de prendre plus de décisions à la majorité qualifiée. « Je suis pour une Europe à plusieurs vitesses, mais dans le cadre des traités » actuels, notamment via les « coopérations renforcées ». 

En vue du vote en plénière, Mme Bresso et M. Brok ont déposé une vingtaine d'amendements. Parmi ces amendements, ils suppriment les dispositions demandant un cadre facilitant le défaut d'un État membre et l'approfondissement des travaux sur la dette souveraine et la protection de la zone euro face aux chocs économiques et aux comportements spéculatifs sur les marchés de la dette souveraine.

À M. Verhofstadt, qui appelait à la mise en route d'une réflexion sur l'évolution institutionnelle débouchant sur une Convention, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a noté qu'« un changement de traité ne figure pas en haut des priorités des États membres ». Et, en matière d'intégration, la responsabilité et la solidarité doivent aller de pair, a indiqué le commissaire chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis.

Approfondir l'UEM. En vue de la célébration du soixantième anniversaire du Traité de Rome, la Commission présentera en mars un Livre blanc sur l'avenir de l'UE (EUROPE 11716).

« Au moment où certains veulent réveiller le 'Grexit' », dites au président Juncker que « la zone euro doit être au cœur du Livre blanc », a demandé Pervenche Berès (S&D, française), co-auteure du rapport sur la création d'une capacité budgétaire pour la zone euro. Elle a rejeté l'argument selon lequel il ne convient pas d'incorporer dans cet exercice de réflexion l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM), « au motif que ce serait sujet de division de l'UE à vingt-sept ». Selon Mme Berès, le temps où on faisait du surplace parce qu'on attendait les Britanniques est révolu et plaide désormais pour une consolidation de la zone euro pour en faire « le socle de l'Union à vingt-sept ». Et d'estimer qu'une capacité budgétaire pour la zone euro avec les mécanismes d'ajustement qu'elle implique, cela revient uniquement à faire ce qu'on avait promis aux États membres au commencement de l'UEM.

Sans surprise, le son de cloche est tout autre dans le camp eurosceptique et europhobe. « Les peuples veulent plus d'Europe ? C'est faux, ils veulent moins d'Europe ! », a rétorqué le Britannique Nigel Farage, président du groupe ELDD. Il a accusé les groupes pro-européens de mépriser les électeurs, faisant état des résultats d'un sondage de l'institut britannique Chatham House, réalisé avant le décret anti-immigration de l'administration Trump, selon lequel 55% des personnes interrogées dans dix pays européens se sont prononcés pour la fin de l'immigration de personnes issues de pays majoritairement musulmans. « L'UE n'a pas d'avenir dans sa forme actuelle », a conclu M. Farage. Sauf que, lors du référendum britannique, la majorité des jeunes britanniques ont dit qu'il n'y avait pas d'avenir en dehors de l'UE, lui a fait remarqué M. Lamassoure (PPE, français).

Au nom du groupe CRE, le Britannique Ashley Fox a critiqué un rapport qui vise à centraliser plus de pouvoirs en Europe alors que, selon lui, on est déjà allé trop loin dans l'intégration européenne. Gerolf Annemans (ENL, belge) a dénoncé l'Europe en tant que « construction artificielle » qu'on s'efforce de maintenir en vie. Et Marco Zanni (ENL, italien) de conclure : « Si on continue comme cela avec un euro qui appauvrit, alors les Eurosceptiques vont gagner la bataille, c'est clair ! ». (Mathieu Bion)

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