Le Premier ministre britannique, Mme Theresa May, et le nouveau président américain, Donald Trump, sont convenus, lors de la visite de Mme May à Washington, vendredi 27 janvier, d'entamer des pourparlers pour un accord de libre-échange entre le Royaume-Uni et les États-Unis immédiatement après la sortie du Royaume-Uni de l'UE ('Brexit').
« Le commerce entre nos deux pays dépasse déjà plus de 150 milliards de livres (175 milliards d'euros) par an. Les États-Unis sont la principale source d'investissements étrangers au Royaume-Uni et, ensemble, nous avons près de 1000 milliards de dollars investis dans nos économies respectives (...) [Nous] avons l'ambition de bâtir sur la base de cette relation pour faire croître nos économies respectives, offrir des emplois hautement qualifiés et rémunérés pour les travailleurs aux États-Unis et au Royaume-Uni », a indiqué Mme May, lors d'un point presse avec son hôte américain.
« Nous discutons des moyens d'établir une négociation pour un accord commercial, d'engager des discussions immédiates de haut niveau, de jeter les bases d'un accord commercial Royaume-Uni/États-Unis et d'identifier les mesures concrètes que nous pouvons prendre maintenant pour permettre aux entreprises de nos deux pays de négocier et de faire des affaires plus facilement », a ajouté Mme May, se disant « convaincue » qu'un tel accord « est dans l'intérêt national des deux pays et cimentera leur relation, en particulier lorsque le Royaume-Uni quittera l'UE et aura besoin du reste du monde ».
Un porte-parole de Mme May a précisé ce week-end que des groupes de travail conjoints seraient mis en place d'ici là pour jeter les bases d'un futur accord, rapportent plusieurs médias. En outre, les discussions porteront sur la suppression des barrières non tarifaires qui bloquent les exportations britanniques de produits agroalimentaires vers les États-Unis et sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles pour faciliter les échanges de travailleurs entre les deux pays.
Mme Malmström s'attend à une négociation complexe. « Il est normal que Londres prenne des contacts, mène des études prospectives. Mais le Royaume-Uni ne va pas signer demain un accord commercial avec les États-Unis », a rappelé la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, dans un entretien avec le quotidien français Le Monde, publié ce week-end.
La semaine dernière, la Commission a répété plusieurs fois que le Royaume-Uni ne pourra entamer des négociations de libre-échange avec d'autres pays qu'une fois qu'il sera sorti de l'UE.
« Les Britanniques vont se rendre compte qu’il est plus facile de négocier à 500 millions qu’à 65 millions. Les membres du gouvernement britannique commencent à comprendre qu’un accord commercial est très complexe : on discute aussi d'ouverture des marchés publics, de coopération douanière, de lutte contre la corruption… Même avec la meilleure volonté, cela prend du temps. Et avec la rhétorique du 'Buy American', ce sera très difficile. À moins de miser d'abord sur un accord très modeste, en commençant par éliminer des droits de douane » , a-t-elle ajouté. (Emmanuel Hagry)