L’OCDE préconise des améliorations en termes d’accessibilité et de sécurité des technologies de santé. Dans un rapport publié lundi 16 janvier en vue de la réunion des ministres de la Santé le lendemain, l’organisation estime qu’un rééquilibrage s’impose entre le pouvoir de négociation des organismes payeurs et celui des producteurs.
Le rapport, de 230 pages, constate que les médicaments onéreux sont de plus en plus nombreux. Il distingue deux tendances : d’un côté, l’augmentation des prix des médicaments ciblant un petit groupe de personnes, des médicaments qui sont de plus en plus difficilement pris en charge par les organismes payeurs, compagnies d’assurances ou prestataires publics de services de santé ; de l’autre, les prix de médicaments qui ciblent une large population, des produits généralement très efficaces et d’un bon rapport qualité-prix à long terme, mais qui restent inabordables pour la plupart des malades.
Dans ce contexte, l’Organisation de coopération et de développement économiques appelle à faire coïncider le prix des technologies de santé avec les bénéfices que celles-ci apportent par rapport à d’autres possibilités, et considère que ce prix doit être ajusté en fonction des preuves de leur impact réel. Plus spécifiquement, elle recommande un rééquilibrage entre le pouvoir de négociation des organismes payeurs et celui des producteurs, en améliorant la transparence du processus et en renforçant la coopération par le biais d'achats groupés. Elle soutient également les accords de tarification comme ceux qui existent en Italie et en Angleterre, en vertu desquels le prix final d’un médicament est lié à ses performances effectives. Ce, à condition que les « coûts de gestion et les coûts administratifs soient maîtrisés et que les données et observations cliniques soient mises largement à la disposition de la communauté scientifique », nuance le rapport.
Parmi les autres recommandations, l’OCDE suggère de renforcer les incitations à l’investissement privé dans la recherche et le développement pour des maladies négligées comme le VIH/SIDA ou la tuberculose, la résistance aux antimicrobiens ou encore les troubles démentiels. Elle appelle également à veiller à ce que la sécurité des technologies biomédicales soit mieux évaluée.
Le rapport peut être consulté à la page: http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/social-issues-migration-health/managing-new-technologies-in-health-care_9789264266438-en #.WHzDlFMrLIU. (Sophie Petitjean)