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Bulletin Quotidien Europe N° 11704
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POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

La Présidence maltaise du Conseil espère un compromis sur la réforme des règles sur l'asile

Le ministre maltais de l’Intérieur, Carmelo Abela a estimé, vendredi 13 janvier, que la Présidence maltaise du Conseil de l'UE allait essayer d’obtenir un compromis sur la réforme des règles dites de Dublin qui définissent les responsabilités des États membres dans le traitement des demandes d’asile, au cours du semestre à venir.

« J’espère qu'un compromis pourra être atteint avant la fin de la présidence », a expliqué M. Abela à un groupe de journalistes, à Malte, tout en reconnaissant que les discussions seront difficiles (EUROPE 11671). Si, « après de nombreuses années, les États membres ont finalement accepté que la question de la migration est une question européenne », cela ne veut pas dire pour autant que tout est réglé concernant cette réforme, a reconnu le ministre.

Reprenant à son compte les propos du vice-premier ministre maltais Louis Grech, le 11 janvier, M. Abela a estimé qu’il n’était pas nécessaire de qualifier la solidarité d’effective ou de flexible. « On ne doit pas avoir à donner un label à la solidarité », a-t-il expliqué, précisant que la réforme de l’asile devait se baser sur deux mots : solidarité et responsabilité. Il a estimé qu’il ne devait pas y avoir de possibilité de dérogation et que tous les États membres devaient accepter tous les principes de réforme du système de Dublin.

Appliquer les décisions déjà prises

Selon les autorités maltaises, la solidarité doit aussi s’appliquer à la mise en œuvre des décisions déjà prises. Ainsi, la Présidence incite ainsi à respecter la règle agréée en septembre 2015 et visant à relocaliser dans l'UE 160 000 réfugiés situés en Grèce et en Italie. « Nous sommes loin d’y être », a rappelé M. Abela. En date du 8 décembre, 8 162 personnes avaient été relocalisées depuis la Grèce et l’Italie. Malte est le pays européen le plus avancé en termes de relocalisation (61% effectuées), alors que l’Autriche, la République tchèque et la Hongrie n’ont encore accueilli personne en lien avec cet accord.

Sur la période janvier-novembre 2016, plus de 1,17 million de personnes ont fait une demande d’asile au sein de l’UE. Il s'agit principalement de Syriens (26%), d'Afghans (15%) et d'Irakiens (10%). 80% des demandes ont été déposées dans cinq États membres : Allemagne, Italie, France, Autriche et Grèce. En 2016, sur plus d’un million de décisions rendues, 57% étaient positives (35% aboutissant à un statut de réfugiés et 22% à une protection subsidiaire). Mais ces chiffres varient fortement d’un État membre à l’autre. Par exemple, selon les États et même si les situations divergent, le taux d’acceptation de protection pour les Irakiens varie de 11 à 80%.

La Présidence maltaise souhaite faire du Bureau européen d'appui en matière d’asile (EASO), basé à Malte, une Agence européenne à part entière. Ce changement de statut permettrait, entre autres, à EASO d’« assurer une plus grande convergence dans l'évaluation des demandes de protection internationale dans l'ensemble de l'Union », selon ce bureau. (Camille-Cerise Gessant)

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