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Bulletin Quotidien Europe N° 11704
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Mme Mogherini opposée au transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem

La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a fait part, lundi 16 janvier, de son opposition au transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Le futur président américain Donald Trump avait affirmé, lors de sa campagne électorale, vouloir un tel déménagement.

« Je crois qu’il est très important pour nous tous de se refréner de toute action unilatérale, en particulier celles qui peuvent avoir de sérieuses conséquences sur un large secteur de l’opinion publique, dans une large partie du monde », a expliqué Mme Mogherini devant la presse, à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères' qui a traité du processus de paix au Proche-Orient. Elle s’est dite inquiète de cette possible réaction des opinions publiques, non seulement dans le monde arabe, mais aussi en Afrique, en Asie, ou dans une partie de l’Europe. Ce déménagement « ne serait certainement pas en ligne avec le consensus international représenté par la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies 478 » du 20 août 1980, qui demande aux États de retirer leur mission diplomatique de Jérusalem, a ajouté la Haute Représentante. Elle a ajouté que l’UE allait continuer à respecter cette résolution et qu’elle ne déménagerait pas sa délégation, qui est à Tel-Aviv.

L'UE rappelle son soutien à la solution à deux États

Lors de leur Conseil, les ministres et la Haute Représentante sont revenus sur la Conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient, tenue la veille à Paris. « Nous avons fermement reconfirmé notre position pour une solution à deux États et sur les tendances qui mettent en danger cette solution que sont l’expansion des colonies, la violence et les incitations à la violence, et la situation à Gaza », a rappelé Mme Mogherini. Elle a précisé que la déclaration de Paris était pleinement en ligne avec la position européenne. Les ministres ont aussi discuté de ce que pouvait faire l’UE pour faciliter des discussions « avec une implication directe des parties », a expliqué la Haute Représentante. « L’UE est pleinement convaincue que c’est seulement avec un engagement, une implication et une détermination complets des parties qu’il pourra y avoir une négociation significative qui puisse mener à une solution réelle. Personne ne peut se substituer à ce processus, mais on peut faciliter et fournir un espace et un cadre international pour que cela arrive dans les meilleures conditions », a-t-elle expliqué.

La déclaration de Paris - a insisté Mme Mogherini - implique d’ailleurs concrètement l’UE, précisant que cette dernière pourrait mettre en place des incitations économiques pour aider Israéliens et Palestiniens à avancer vers une solution à deux États. 

Si Mme Mogherini a mis l'accent sur l'unité européenne, les discussions au Conseil ont été assez tendues. Les Français ont en effet incité à adopter des conclusions saluant la conférence de Paris, alors que le Royaume-Uni, la Hongrie et l’Estonie s'y sont opposés. Selon une source européenne, la difficulté portait sur le timing et non plus sur la substance. (Camille-Cerise Gessant)

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