Les Présidents du Conseil européen, Donald Tusk, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Parlement européen, Martin Schulz, ont solennellement réaffirmé, jeudi 1er décembre, le soutien de l'Union européenne à la Tunisie, État en « transition démocratique » placé en « modèle » et qui célèbre le 40ème anniversaire de son premier accord de coopération globale avec l’Europe, à l’occasion de la visite à Bruxelles du Président tunisien, Benji Caid Essebsi (EUROPE 11680).
Dans un communiqué conjoint, les trois dirigeants font de la Tunisie « une des priorités » de la politique extérieure de l'UE. L’aide européenne a été doublée depuis 2011, avec la « volonté de franchir un nouveau palier dans le cadre d'une relation stratégique », ont-ils noté (EUROPE 11635).
L’appui européen contribuera à « stimuler la croissance économique pour réduire le chômage, notamment chez les jeunes » et à compenser « les disparités régionales ». L’UE « soutiendra la Tunisie dans la négociation et la mise en œuvre de l'Accord de libre-échange à l'aide de mesures ciblées ». La négociation de cet accord soulève des craintes dans le pays, en particulier au sein de la société civile (EUROPE 11545).
La société civile tunisienne est directement visée par l’attention que met l’UE dans ses relations avec la Tunisie. La jeunesse est particulièrement ciblée : un partenariat 'Jeunesse' UE/Tunisie sera lancé. Sont annoncés également des « initiatives et programmes en matière d'emploi, de formation professionnelle, de mobilité, de culture, d'études et de recherches en faveur de la jeunesse tunisienne » ainsi que des « échanges entre universités ». « Chaque année, 1500 étudiants et jeunes, ainsi que le personnel des universités, pourront bénéficier de programmes européens tels qu'Erasmus+ ».
Dialogue sur les migrations. En outre, MM. Tusk, Juncker et Schulz se disent « prêts à (s')engager dans un dialogue général sur les questions liées à la migration et à la mobilité ». Ils notent, en sus, que la Tunisie et l'UE « font face ensemble à la menace terroriste ». Cette coopération dans la sécurité, déjà engagée, fera l’objet d’une deuxième session à Bruxelles le 19 janvier 2017 dans le cadre du « dialogue politique de haut niveau sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme ».
À noter enfin que la déclaration souligne « la pertinence du projet d'interconnexion électrique Tunisie-Italie 'ELMED' dans le contexte de la politique énergétique de la Tunisie et de son intégration au marché euro-méditerranéen de l'électricité ». (Fathi B’Chir)