La détermination des 196 parties à la COP 22 à aller de l’avant et la feuille de route dont elles se sont dotées pour finaliser, d’ici à 2018 (à la COP 24 en Pologne), les règles qui permettront de traduire, dans les faits, les dispositions de l’Accord de Paris sur le climat, ont été saluées par l’UE, vendredi 18 novembre au soir, à la clôture des travaux. Et même si les ONG sont restées sur leur faim, pour ce qui concerne le financement des 100 milliards de dollars par an, avant et après 2020, tous les participants ont considéré, comme l'UE, que l'élan de Paris avait pu être préservé.
Cette COP africaine, qui a permis la première réunion des parties à l’Accord de Paris moins d'un an après la conclusion de cet accord universel historique - un premier succès en soi - ne s’est pas laissée décourager par les interrogations liées à la politique future du président élu américain, Donald Trump. C’était déjà, de l’avis des Européens, un deuxième élément très positif, amplement salué dès l’adoption de la 'Proclamation de Marrakech pour l’action pour notre climat et le développement durable' (EUROPE 11671).
« Les progrès réalisés ici à Marrakech sont la preuve la plus évidente que le monde va de l’avant en matière d’action climatique. Les dimensions du changement climatique dépassent celles de tout pays, de toute élection nationale. Et en dépit de toutes les incertitudes actuelles, notre message de Marrakech est sans ambiguïté : nous respecterons Paris, nous défendrons Paris et nous continuerons à mettre en œuvre Paris », a déclaré le commissaire européen à l'Action pour le climat, Miguel Arias Cañete, vendredi soir.
Cette proclamation a traduit l'engagement politique au plus haut niveau d'agir résolument pour lutter, ensemble et solidairement, contre un défi reconnu comme majeur et urgent et de relever le niveau d'ambition dans le temps pour être à la hauteur des objectifs poursuivis (moins de 2 degrés Celsius à l'horizon 2100, voire 1,5°C pour le réchauffement mondial moyen).
Mais au-delà, l'UE s'est félicitée des progrès réalisés sur les éléments essentiels constitutifs des règles qui guideront la mise en œuvre de l'Accord de Paris, en particulier la transparence des contributions nationales permettant leur comparabilité et leur suivi, et le cycle de révision quinquennal des contributions,en vue de les revoir à la hausse.
« Nous avons réaffirmé que l'UE tiendra ses engagements, quoiqu'il arrive. Nous sommes toutefois disposés à les revoir à la hausse avec d'autres grands émetteurs, pour atteindre l'objectif de Paris de maintenir la température mondiale bien en dessous de 2°C », a déclaré l'eurodéputé Giovanni La Via (PPE, italien), qui a conduit la délégation du Parlement à Marrakech.
« Il reste encore beaucoup de travail sur la planche pour mettre en œuvre l'Accord de Paris : finaliser un ensemble de règles d'ici à 2018 et fournir le financement des projets d'atténuation et d'adaptation des pays en développement. L'UE doit être prête à faire monter en puissance ses propres objectifs et à livrer une stratégie de long terme en 2018. Le débat sur la manière de réaliser une transition juste [vers une économie sobre en carbone / NDLR] en Europe ne doit pas être retardé », a renchéri Jo Leinen (S&D, allemand), vice-président de la délégation du PE. Le Parlement européen en débattra avec les représentants de la Commission et du Conseil de l'UE, mercredi 23 novembre à Strasbourg.
Pour les 100 milliards de dollars par an promis à l'horizon 2020, et jusqu'en 2025, par les pays industrialisés aux pays en développement, l'UE a pu confirmer qu'elle continuera d'assumer sa juste part (17,6 milliards d'euros en 2015). Pour le financement du fonds d’adaptation, doté à ce jour de 81 millions d’euros, si les promesses se concrétisent, l’UE et ses États membres ont promis plus de 90% des nouvelles contributions annoncées.
Les parties sont en outre convenues que le comité de Paris sur le développement des capacités des pays en développement à mettre en œuvre leur plan d’action national débutera ses travaux en 2017.
Autre avancée à porter au bilan de la COP 22 : les parties ont décidé de revoir le mécanisme de Varsovie qui doit traiter des questions des pertes et des dommages subis par les pays les plus vulnérables, car exposés aux impacts irrémédiables du changement climatique.
Parmi les innombrables initiatives pour le climat qui ont progressé à Marrakech, l’UE a notamment annoncé : - une contribution de 60 millions d’euros (40 millions d’euros de l’Allemagne et 20 millions d’euros de la Commission) à l’initiative du G7 ‘InsuResilience’ visant à donner accès à l’assurance (directe ou indirecte) contre les impacts climatiques à 400 millions de personnes vulnérables dans les pays en développement d’ici à 2020 ; - la poursuite de son soutien aux investissements dans l'électricité verte dans le cadre de l’Initiative pour l’énergie renouvelable en Afrique à l’horizon 2020. (Aminata Niang)