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Bulletin Quotidien Europe N° 11672
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POLITIQUES SECTORIELLES / PÊche

Adoption du premier plan de reconstitution des stocks d'espadon en Méditerranée

Les membres de la commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) ont décidé, lundi 21 novembre à Vilamoura, au Portugal, d’instaurer pour la première fois un total admissible de captures (TAC) lors des pêches d’espadon en Méditerranée.

Les stocks d’espadon sont au plus mal et l’Union européenne est responsable de 75% des prises de cette espèce. Elle a pris ses responsabilités en proposant aux autres parties contractantes de la CICTA l’adoption de mesures pour protéger ce poisson de la surpêche. La CICTA a endossé la proposition mettant en place un plan de reconstitution des stocks d’espadon dans les eaux de la Méditerranée. Ce plan a une durée de 15 ans (2017-2031) et vise à atteindre une exploitation qui soit conforme au rendement maximal durable (RMD).

10 500 tonnes d'espadon en 2017

Le TAC total, à répartir entre les membres de la CICTA, sera de 10 500 tonnes d'espadon en 2017, puis les possibilités de pêche seront réduites de 15% entre 2018 et 2022, soit une baisse des prises de 3% par an. Les premiers chiffres qui avaient circulé avant les négociations au sein de la CICTA faisaient état d’une baisse de 25% du TAC. Un groupe de travail spécifique de la CICTA devrait se réunir au début de l’année prochaine pour déterminer les modalités de répartition du TAC de 10 500 entre les différents pays pêcheurs. Le comité scientifique de la CICTA devra effectuer une nouvelle évaluation du stock en 2019. Sur la base de ses conclusions, le quota serait revu d'ici à fin 2019.

L'Italie est le principal pays pêcheur d'espadon (45% des prises), suivie du Maroc (14%), de l'Espagne (13%), de la Grèce (10%) et de la Tunisie (7%).

Mesures techniques. L'accord renforce par ailleurs les mesures techniques et de contrôle : augmentation de la taille minimale de capture des jeunes espadons, contrôle de la pêche sportive et récréative, enregistrement et déclaration des captures, introduction d'un système international d’inspections et déploiement d'observateurs scientifiques à bord des bateaux de pêche. Le plan tient compte des spécificités socio-économiques des activités de pêche artisanales autour de la mer Méditerranée, précise la Commission.

Selon les scientifiques de la CICTA, après un pic de 23 365 tonnes en 1988, les volumes d'espadon pêchés et déclarés ont baissé, fluctuant entre 12 000 et 16 000 tonnes jusqu'en 2011. Ces dernières années (2012-2015), les captures se sont stabilisées à quelque 10 000 tonnes.

Pour l'ONG Oceana, la population d'espadon a chuté de 70% en 30 ans en raison de la surpêche. Et 70% des poissons capturés sont des juvéniles (moins de trois ans), c'est-à-dire qu’ils ne sont pas arrivés à maturité pour se reproduire. Oceana a regretté le manque d’ambition de ce plan de reconstitution qu'elle juge « trop faible et trop éloigné des recommandations des scientifiques », dans un communiqué. Selon l'organisation, la réduction du TAC est trop modeste.

Un marché opaque

Oceana a déploré, par ailleurs, le manque de tracabilité et de transparence dans le marché de l'espadon. Selon cette organisation, pour faire face à la demande, l'Italie doit importer quatre fois plus (16 363 tonnes) d'espadon frais que le volume qu'elle capture elle-même et dépend largement des exportations de l'Espagne, qui elle-même importe de l'espadon du Maroc. Or, on ignore si les poissons exportés proviennent de l'Atlantique ou de la Méditerranée, relève l'ONG. Selon elle, de 2007 à 2011, les exportations d'espadons du Maroc dépassaient ses prises de 185 tonnes en moyenne. (Lionel Changeur)

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