Les ministres et représentants des États membres ont, à l’unisson, mis en exergue la nécessité de mieux communiquer sur la politique de cohésion, lors du deuxième jour du Conseil ‘Affaires générales’, mercredi 16 novembre.
Cela a commencé avec l'intervention du ministre-président de la Région wallonne, Paul Magnette. Commentant les résultats de la politique de cohésion pour la période 2007-2013, l’homme politique belge, devenu célèbre par son opposition à l’accord de libre-échange entre le Canada et l’UE (EUROPE 11656), a martelé l’absolue nécessité de mieux communiquer auprès des citoyens.
Une suggestion partagée par de nombreuses autres délégations, comme l’Allemagne, l’Irlande, la Croatie ou encore la France, nous a confié une source diplomatique. La crainte exprimée par la délégation française serait que l’image de marque de la politique de cohésion devienne sa complexité. Pour l’hexagone, il est nécessaire d’impliquer tous les acteurs et de communiquer au plus près du terrain auprès des citoyens.
La commissaire à la Politique régionale, Corina Crețu, a abondé en leur sens et a insisté, lors de la conférence de presse à l'issue de la réunion, pour mettre l’accent sur des exemples de réussite (‘success stories’) au niveau local. Elle a ainsi indiqué vouloir entamer sous peu une campagne de communication d’ampleur, afin de montrer les retombées positives de cette politique.
Nouveaux aménagements pour la période actuelle et premier débat sur l’avenir de la politique de cohésion.
Certes, le Conseil n’a donné lieu à aucune décision législative. Cependant, les ministres ont adopté une longue conclusion dans laquelle ils saluent l’étude d'impact de la politique de cohésion pour 2007-2013 réalisée par la Commission, ainsi que les propositions faites par l’institution en vue de simplifier et rendre plus efficace cette politique pour la période actuelle dans le cadre de la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (EUROPE 11667).
Le ministre adjoint slovaque à l’Investissement, Peter Pellegrini, qui présidait le Conseil, a souligné le fait que les ministres ont abordé pour la première fois la politique de cohésion post-2020 lors du déjeuner. Ils l'ont fait sans entrer dans les détails, a-t-il indiqué à EUROPE. Ils ont insisté sur la nécessité de rendre cette politique plus simple et plus efficace. Ils ont notamment discuté de la simplification des audits, de la possibilité de différencier les systèmes d’audit et de contrôles selon la situation des États membres, a précisé la commissaire Crețu.
Sur les conditions macroéconomiques
Il est à noter que dans ses conclusions, le Conseil insiste sur « une plus grande cohérence entre diverses mesures établissant un lien entre l’efficacité des Fonds ESI et la gouvernance économique », notamment en tenant compte de la nécessité « de faire face aux défis sociaux, économiques et territoriaux ». Une référence aux conditions macroéconomiques, évoquées dernièrement au travers de la menace, planant sur le Portugal et l'Espagne, de suspendre les engagements des fonds structurels et d’investissement pour non-résorption de déficit excessif. La menace n’a finalement pas été mise à exécution, la Commission ayant proposé au final une non-suspension (voir autre nouvelle). (Pascal Hansens)