Souscrire aux objectifs universels de développement durable c’est bien, les mettre en œuvre, c’est mieux. Or, plus d’un an après l’adoption de l’agenda 2030 de l’ONU (New York, septembre 2015), l’UE ne s’est pas encore dotée d’une stratégie globale de mise en œuvre pour ses politiques internes et externes, a souligné CONCORD, le plus grand réseau d’ONG européennes de développement, mercredi 16 novembre.
Le rapport ‘Sustainable Development – The stakes could not be higher’ ('Développement durable, les enjeux ne pourraient pas être plus grands'), publié par CONDORD, appelle l’UE et ses États membres à prendre la direction de cette mise en œuvre en élaborant une stratégie globale pour le développement durable qui devrait être adoptée à la fin du premier trimestre 2017 et être aussitôt opérationnelle.
Cette stratégie devra aider l'UE et ses États membres à concourir à la réalisation d'objectifs complexes, car étroitement imbriqués dans un monde interconnecté : impossible de s'attaquer au changement climatique sans s'attaquer à l'insécurité alimentaire, aux inégalités hommes/femmes, à l'augmentation des migrations et de la mobilité, à la croissance économique non durable.
Elle devra aussi aider l'UE et les Vingt-huit à garantir la cohérence de leurs politiques avec les principes qui fondent l'Agenda 2030. Or, pour l'heure, ils sont loin du compte, souligne CONCORD.
La consommation alimentaire, la production alimentaire et la migration sont, de l’avis des ONG, les trois domaines dans lesquels l’UE doit d’urgence transformer ses politiques et ses pratiques. Cela, pour promouvoir une agriculture durable, mettre un terme aux inégalités dans le contrôle des terres, des semences et d'autres ressources productives, promouvoir des régimes commerciaux permettant aux pays en développement de développer leur propre secteur agricole et l'économie locale, garantir la gouvernance de systèmes alimentaires véritablement démocratiques. C'est un prérequis pour respecter l'objectif universel de 'zéro faim à l'horizon 2030', qui passe par la promotion d'une agriculture durable et une réforme des modèles de consommation et de production.
Il convient aussi de mieux comprendre les causes profondes des migrations, de mieux mesurer le déficit de protection des migrants et des réfugiés pour le combler et de développer un nouveau narratif 'positif' pour promouvoir une autre perception de ces populations vulnérables, souligne le rapport.
Parmi les nombreuses recommandations que formule le rapport, l'UE est invitée à profiter de la révision à mi-parcours des perspectives financières pluriannuelles 2014-2020 pour garantir un soutien financier suffisant à cette stratégie future. CONCORD recommande aussi un système de surveillance, transparent et robuste, des progrès accomplis, sur la base d'un large éventail de critères. (Aminata Niang)