Un nouveau projet de recherche européen sur les risques des plantes génétiquement modifiées, indépendant des intérêts de l’industrie des biotechnologies, a été établi en Suisse, a annoncé Testbiotech (Institute for Independent Impact assessment in Biotechnology), mercredi 16 novembre.
Il sera réalisé par un consortium d’une douzaine d’experts du monde scientifique et académique de cinq pays européens (Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, mais aussi Norvège et Suisse), lequel ne mènera pas de recherche expérimentale sur les risques eux-mêmes, mais fondera son analyse sur un large éventail de publications et de bases de données scientifiques. Les autorités réglementaires autrichiennes et allemandes apporteront leur contribution à titre consultatif.
Financé par la Fondation Stiftung Mercator Suisse, le projet, dénommé 'RAGES' (Risk assessment of genetically engineered organisms in the EU and Switzerland), sera coordonné par The European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER), The Critical Scientists Switzerland (CSS), Gene Watch UK et Testbiotech.
Les résultats devraient être présentés lors d’une conférence à la fin 2017, en Suisse ou en Allemagne, le lieu n’étant pas encore fixé, a indiqué Christoph Then de TestBiotech à EUROPE. La Commission européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), les autorités compétentes suisses, des ONG et des journalistes seront invités à débattre de ces résultats
« Le but du projet est d’améliorer la connaissance scientifique et la compréhension par le public des risques et dangers potentiels liés à l’introduction de plantes génétiquement modifiées dans nos écosystèmes agricoles et dans la production alimentaire », précise Angelika Hilbeck de l’ENSSER, dans un communiqué. Des recommandations seront formulées pour améliorer l'évaluation future des risques et l'amélioration de la réglementation de ces cultures.
« La pratique réglementaire actuelle de l’évaluation des risques en Europe n’est pas suffisante pour traiter des dimensions réelles des dangers potentiels associés aux plantes génétiquement modifiées », estime Christoph Then. Critiquant « la forte influence exercée par les entreprises de biotechnologies », il ajoute : « Nous devons avoir un système plus équilibré qui donne davantage la priorité à la protection de l’environnement et des consommateurs ». (Aminata Niang)