Après la floraison d’initiatives lancées à la COP 21 et développées à Marrakech pour accélérer la transition du monde vers une économie sobre en carbone, la conférence onusienne sur le climat (COP 22) a fait place, mardi 15 novembre dans l'après-midi, aux chefs d’État et ministres des pays parties à l’Accord de Paris pour l’ouverture formelle des négociations censées mettre en musique les engagements souscrits par 195 pays (EUROPE 11667).
Le matin même avait été lancée, par la présidence marocaine de cette COP africaine, par l’Allemagne et par la négociatrice française de la COP 21, Laurence Tubiana, une nouvelle plate-forme entre les pays du Nord et les pays du Sud pour aider les pays en développement à concrétiser leur contribution déterminée au niveau national (NDC) à l’Accord de Paris et atteindre les objectifs universels de développement durable associés à ces engagements le plus rapidement et efficacement possible.
Le 'Partenariat pour les NDC' est coprésidé par le Maroc et l’Allemagne. Cette nouvelle coalition de pays en développement, de pays développés et d’institutions internationales permettra aux pays en développement de recevoir le soutien technique et financier dont ils ont besoin.
L’Allemagne, qui a alloué l’an dernier 2,7 milliards d’euros de fonds publics au financement climatique, compte maintenir ce niveau de financement pour ce partenariat et porter son soutien à 4 milliards d’euros d’ici à 2020. « L’idée, derrière ce partenariat, c'est que le meilleur moyen de nous attaquer au changement climatique et soutenir l’adaptation est de mettre en commun nos forces et nos connaissances », a déclaré le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller. La ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, est convaincue du « rôle vital que jouera ce partenariat dans la coordination et l'alignement des efforts pour soutenir les pays en développement », la mise en œuvre des NDC étant « urgente ». Le ministre délégué à l'Environnement et à l'Énergie du Maroc, Dr Hakima El Haite, considère que ce partenariat sera déterminant aussi pour « mobiliser davantage le secteur privé, encourager la coopération Sud-Sud et rendre les donateurs plus réactifs aux besoins des pays en développement ».
Dans son allocution d'ouverture du segment de haut niveau de la COP 22, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a formulé l’« espoir » que le président américain élu, Donald Trump, « comprendra la gravité et l’urgence » de s’attaquer au défi du changement climatique et s'est dit confiant dans le pragmatisme de cet « homme d'affaires avisé ».
Le président français, François Hollande, a rappelé, quant à lui, que l’Accord de Paris est « irréversible ». Et d'appeler les États-Unis à « respecter les engagements pris » par l’administration Obama.
Pas d'alibi 'Trump' à l'inaction. Dans le doute, les ONG appellent la COP 22 à redoubler d'efforts. « Le changement climatique n’attendra pas l’action des États-Unis (...) C’est pourquoi le monde devrait répondre à l’élection de Donald Trump en avançant et en renforçant les faibles engagements de l’Accord de Paris, et non pas en s’en servant d’alibi pour l’inaction », a déclaré Ben Schreiber, directeur du programme 'Climate and Energy' de Friends of the Earth (FoE) US, dans un communiqué.
FoE International appelle les participants à la COP 22 à livrer un plan concret pour 2018 qui décrive comment tous les éléments de l’accord seront atteints – les réductions d’émissions, le financement, les transferts de technologies et les mesures d’adaptation. (Aminata Niang)