L’Office européen anti-fraude (OLAF) a ouvert quatre enquêtes suite au scandale des Panama Papers, a déclaré son directeur général, Giovanni Kessler, lors d'une audition de la commission d’enquête du Parlement européen sur ce scandale, lundi 15 novembre.
M. Kessler a indiqué que l’OLAF s’était intéressé à trois catégories de personnes nommées dans les Panama Papers : le personnel et les membres des institutions européennes, des experts fournissant des services dans le cadre de projets européens ou des bénéficiaires de fonds européens et des personnes déjà impliquées dans des enquêtes de l’OLAF (abouties ou en cours).
Ont également été vérifiés les noms de tous les commissaires, présents et passés, les directeurs généraux et les députés européens. Dix-sept noms sont sortis du lot, dont la moitié était déjà sous le coup d’une enquête du bureau. « L’OLAF a ouvert quatre enquêtes sur cette base », dont une seulement concerne un membre du personnel des institutions européennes.
Philippe de Koster, de la cellule belge de traitement des informations financières, a affirmé que le blanchiment d’argent n’était pas une question fiscale, mais criminelle. Il y a toujours un crime derrière le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale. En vertu du code pénal belge, le blanchiment est jugé aussi grave que le crime qu’il cache, a-t-il insisté. Après les Panama Papers, sa cellule a ouvert 97 dossiers, a-t-il dit.
Si des registres centralisés de comptes bancaires devraient être créés, cette information devrait être accessible à toutes les agences européennes afin de permettre des enquêtes sur tous les crimes financiers, mais aussi les faits de corruption, a estimé M. Kessler.
Au Conseil de l'UE, les États membres espèrent parvenir en décembre à un accord sur la révision de la 4ème directive anti-blanchiment d’argent. Celle-ci a été rouverte initialement pour renforcer la lutte contre le financement du terrorisme, mais des dispositions visant à renforcer la transparence fiscale en réponse au scandale ont été ajoutées par la suite. La semaine dernière, le service juridique du Conseil a émis des doutes quant à la publication d’informations sur les bénéficiaires effectifs des trusts et sociétés écrans (EUROPE 11664).
Les experts présents lundi au Parlement européen ont également appelés à la tenue de registres d’informations sur les bénéficiaires effectifs.
La commission d’enquête du PE doit entendre, mercredi 16 novembre, l’économiste Joseph Stiglitz, qui a démissionné de son rôle de conseiller du gouvernement du Panama en août dernier. (Élodie Lamer)