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Bulletin Quotidien Europe N° 11668
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

L'étude sur l’impact des accords commerciaux incite le Conseil à la prudence

La Commission européenne a présenté, mardi 15 novembre à Bruxelles aux ministres de l'Agriculture des États membres de l’UE, les conclusions de l’étude portant sur l’impact, sur le secteur agroalimentaire de l’UE, de douze accords commerciaux avec des pays tiers (voir autre nouvelle).

De nombreux ministres de l’Agriculture ont estimé que cette étude confirmait le besoin pour l’UE d’être prudente, notamment au sujet des secteurs agricoles sensibles. Le Conseil Agriculture du 23 janvier 2017 reviendra sur ce dossier de manière plus approfondie, ont indiqué des sources. 

L’étude, basée sur deux scénarios (baisse de 50% ou de 25% des lignes tarifaires) à l’horizon 2025, montre que les accords de libre-échange auraient un impact positif sur les secteurs du lait et de la viande porcine, mais négatif sur la viande bovine (baisse des prix et de la production), le riz, la viande de mouton, les volailles et le sucre.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, aurait indiqué aux ministres que la Commission négociait avec le but de maximiser les résultats des accords et de minimiser les effets négatifs sur les secteurs sensibles.

Le ministre irlandais, Michael Creed, a affirmé que l’étude confirmait les préoccupations exprimées sur l’impact de la libéralisation des échanges sur le secteur de la viande bovine. Il a fait le lien avec le changement climatique (démantèlement d’une production européenne efficace en termes de bilan carbone, contrairement à certains produits en provenance de pays tiers). Il a dit aussi que les produits sensibles devaient être évoqués au dernier stade des négociations, et pas au début comme la Commission l’a fait parfois. L’Italie s’est inquiétée de l’impact des accords commerciaux sur la production européenne de riz.

Le ministre français, Stéphane Le Foll, a souligné que l’impact potentiellement négatif sur les produits sensibles faisait courir un risque en matière d’autonomie alimentaire. La Lettonie a notamment posé la question de savoir si les pays avec lesquels l'UE négocie des accords appliquent les mêmes normes que l'UE en matière d'environnement et de mesures sanitaires (sinon, un problème de compétitivité se pose). L’Espagne est restée assez évasive en soutenant les accords commerciaux dans la mesure où ils respectent les secteurs plus sensibles. La Lituanie a salué les efforts déployés par la Commission pour ouvrir les marchés, mais a souligné que les accords devaient être équilibrés. 

Les pays dit ‘libéraux’, comme la Suède, les Pays-Bas et le Danemark, se sont montrés résolument favorables aux accords commerciaux avec les pays tiers.

Inquiétudes à propos des négociations avec les pays du Mercosur. La France, soutenue par l’Allemagne et la Pologne, a réclamé, dans un document commun, un réexamen du volet tarifaire des pourparlers en cours avec les pays du Mercosur et de la « stratégie de l’UE » à l’égard du bloc sud-américain. Selon ces pays, compte tenu de la « compétitivité » de ce partenaire, « l’échange de concessions commerciales agricoles ne devrait pas être asymétrique au détriment de l’Union ».

Les deux parties avaient procédé à l’échange d’offres en mai, la Commission ayant finalement renoncé à y inclure, à ce stade, la viande bovine et l’éthanol. Un certain nombre de pays ont soutenu les requêtes de ces trois États membres (Irlande, Slovénie, Hongrie, Belgique, Autriche et Bulgarie). La Hongrie a notamment prôné un accord équilibré et modérément ambitieux avec les pays du Mercosur. (Lionel Changeur)

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