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Bulletin Quotidien Europe N° 11668
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

L'accès aux soins de qualité est de plus en plus problématique, selon Médecins du Monde

Médecins du Monde tire la sonnette d’alarme : selon un rapport publié mardi 15 novembre, l’accès aux soins de santé s’est encore détérioré en 2015 en Europe, tant pour les nationaux que pour les migrants de l’UE ou de pays tiers. Le réseau international adresse par conséquent une série de recommandations aux décideurs politiques.

Le rapport s’appuie sur les données médicales et sociales de 10 447 patients. Elles ont été collectées en 2015 dans 12 pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Royaume-Uni, Suède, Suisse et Turquie), dont 9 États membres.

Globalement, il montre que la plupart des personnes qui ont visité un centre de santé de Médecins du Monde (MdM) ou de ses partenaires en 2015 vivaient sous le seuil de pauvreté (94,2%) et ne disposaient pas de couverture de santé (68%). Les patients étaient principalement des ressortissants étrangers (94,2%), dont 24,7% venaient d’un autre État membre de l’UE et 50,6% disposaient d’un permis de séjour légal. Le rapport consacre un chapitre spécifique aux personnes vulnérables, comme les femmes enceintes et les enfants. Ainsi, il montre que plus de 40% des femmes enceintes n'ont pas eu accès à des soins prénataux avant leur visite et qu'elles sont 35,8% dans les pays européens et 41,5% en Turquie à affirmer n’avoir personne sur qui compter en cas de besoin. L’enquête montre par ailleurs qu’environ un tiers des enfants ayant consulté n’étaient pas vaccinés (tétanos, hépatite B, rougeole et coqueluche). Le rapport de MdM propose également un volet spécial sur la Turquie et sur la violence. Il indique que 12,8% des patients interrogés font état de violences, la proportion la plus importante se trouvant en Turquie.  

Lors d’une conférence de presse, les représentants de MdM ont notamment appelé les dirigeants européens à offrir des soins de santé publique accessibles et adaptés, y compris aux femmes enceintes, à prévoir des routes sûres et légales de migration, à offrir des conditions d’accueil adéquates, à permettre aux demandeurs d'asile de s'adresser au pays de leur choix, à s'engager à offrir plus de places dans le cadre du mécanisme de relocalisation, à faciliter la collaboration entre les acteurs et à mettre un terme à la détention des enfants.

L'eurodéputée Cecilia Wikström (ADLE, suédoise), en charge de la réforme du système Dublin au Parlement européen, a également largement critiqué la gestion de la crise par les dirigeants européens. « Les migrants représentent à peine 0,2-0,3% de la population de l’UE. La crise, c’est pour la personne qui doit fuir, pas nous. On doit arrêter la rhétorique de l’exagération », a-t-elle indiqué, estimant que les États qui manquent à leurs obligations devraient être sanctionnés comme c'est le cas pour la politique économique. Interrogée sur son intention d'inclure une disposition  permettant aux demandeurs d'asile de s'adresser au pays de leur choix dans son rapport, elle a répondu : « Je vais prendre ça en compte, mais pas de la manière que vous proposez. Vous n’allez pas l’aimer, mais j'espère que vous allez comprendre pourquoi j’ai proposé cela ».

Le rapport peut être consulté à la page : https://doktersvandewereld-wieni.netdna-ssl.com/sites/ http://www.doktersvandewereld.be/files/page/attachments/rapport_observatoire_2016_mdm_international.pdf . (Sophie Petitjean)

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