login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11668
Sommaire Publication complète Par article 17 / 34
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Les sociaux-démocrates veulent que la réflexion sur l'avenir de l'UE intègre les questions liées à la zone euro

La famille sociale-démocrate entend faire pression pour que la réflexion sur l'avenir de l'Union européenne à vingt-sept, censée aboutir lors de la célébration du 60ème anniversaire du Traité de Rome en mars 2017, englobe les questions liées à la convergence socio-économique en zone euro.

« Il convient de briser le dogme des politiques budgétaires » qui n'ont pas favorisé une véritable reprise économique, a déclaré Maria João Rodrigues (S&D, portugaise), lundi 14 novembre en marge de la présentation d'un rapport de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) identifiant les lacunes de la reprise économique actuelle. La députée européenne a indiqué que les sociaux-démocrates souhaitaient intégrer des références très claires aux objectifs assignés à la zone euro dans la feuille de route que les Vingt-sept adopteront à Rome au printemps prochain. « Mme Merkel ne veut pas aborder les questions liées à la zone euro » parce qu'elle y voit des sujets clivants, a-t-elle regretté, qualifiant de « grosse erreur » la position de la chancelière allemande. Selon elle, cette question divise la coalition gouvernementale en Allemagne, car les sociaux-démocrates allemands seraient prêts à en débattre.

Dans une déclaration conjointe sur la nécessité d'une Europe capable de répondre aux nombreux défis actuels, six secrétaires d'État sociaux-démocrates - le Français Harlem Désir, l'Italien Sandro Gozi, l'Allemand Michael Roth, la Suédoise Ann Linde, la Portugaise Margarida Marques et le Maltais Ian Borg - ont identifié, lundi, plusieurs priorités d'action. Figurent parmi leurs priorités la justice sociale (ex: création d'une norme européenne introduisant un salaire minimal adapté aux situations nationales), une stratégie renouvelée en faveur de l'investissement et l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (ex: création d'une capacité budgétaire pour la zone euro).

Anticipant la publication des avis de la Commission européenne sur les projets de budget 2017 des pays de la zone euro, le rapport de l'OFCE vise à répondre aux interrogations du groupe S&D sur l'adéquation du policy mix économique actuel avec l'urgence de réduire le chômage et les inégalités sociales et de faciliter la transition environnementale. « Lentement, mais sûrement, les inégalités augmentent au niveau de la zone euro » et au sein des pays eux-mêmes, a déclaré Xavier Timbeau, professeur associé à l’École supérieure d’électricité (Supelec) et l'un des auteurs, citant des pays comme l'Espagne et la Grèce, mais aussi l'Allemagne, première économie de la zone euro.

La politique monétaire accommodante ne pouvant pas, à elle seule, stimuler l'économie de la zone euro, M. Timbeau a prôné une réponse politique d'envergure « systémique » afin de tenir compte des conséquences socio-économiques globales des mesures prises à l'échelle d'un pays ou du continent. « Vous ne pouvez pas réduire à la fois la dette et le chômage », a-t-il indiqué à titre d'exemple, critiquant la nature de la réponse à la situation économique formulée par la Commission malgré un diagnostic adéquat.

Notamment, les auteurs du rapport plaident pour un véritable « effort du côté de la demande » plutôt par le biais de l'investissement que de la dépense. Mobiliser la dette publique à hauteur de 1% du PIB pour des investissements réalisés de manière optimale permet de concrétiser des actifs publics allant jusqu'à 4% du PIB, a souligné M. Timbeau, favorable à l'inclusion d'« une règle d'or » pour l'investissement dans le pacte budgétaire européen. (Mathieu Bion) 

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES
CORRIGENDUM