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Bulletin Quotidien Europe N° 11638
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / GrÈce

Pierre Moscovici soutient l’introduction en 2017 d’un revenu minimal garanti

Le commissaire européen aux Affaires monétaires et financières, Pierre Moscovici, a plaidé, mardi 4 octobre, pour plus de justice sociale en Grèce en soutenant notamment l’instauration d’un revenu minimum d’insertion en 2017.

« Le gouvernement grec prépare une stratégie de croissance. Celle-ci devra être complétée de mesures sociales, nous en sommes conscients. Le programme prévoit un déploiement du mécanisme de revenu minimal garanti l’année prochaine. Si cela se fait dans le cadre des équilibres financiers (prévus), je pense que nous pouvons tous considérer qu’avoir la justice sociale en même temps que les investissements et les réformes est de bonne politique », a déclaré le commissaire, lors d’un débat au Parlement européen sur le 3ème plan d’aide grec.

M. Moscovici a estimé « capital » que le gouvernement grec boucle les actions préalables requises d’ici à l’Eurogroupe de lundi 10 octobre afin que la 2ème sous-tranche d’aide de 2,8 milliards d’euros soit versée à Athènes (EUROPE 11636).

Alors que le commissaire a souhaité que le dossier grec devienne une « ‘success story’ » à la faveur d’un retour de la croissance en 2017, plusieurs députés ont dépeint une situation sociale catastrophique dans le pays. Notis Marias (CRE, grec) a estimé que les plans d’aide successifs en Grèce n’avaient abouti qu’à l’appauvrissement de la population alors que les créanciers et les banques se sont enrichis. L’élu de Syriza Nikolaos Chountis (GUE/NGL, grec) a fustigé les privatisations en cours avec la vente d’aéroports régionaux aux Allemands, de chemins de fer aux Italiens, de ports aux Chinois. « C’est du pillage », a tranché Fabio De Masi (GUE/NGL, allemand). Laura Agea (ELDD, italienne) a jugé « criminel » d’écraser la dignité des citoyens grecs au nom de l'intégrité de la zone euro. Considérant la monnaie unique inadaptée à la Grèce, plusieurs députés, dont les Allemands Bernd Lucke (CRE) et Alexander Graf Lambsdorff (ADLE), ont préconisé une sortie de la Grèce de la zone euro pour qu’elle restaure sa compétitivité.

Appel en faveur d’un allègement substantiel de la dette

Sur l’enjeu de la dette grecque, proche de 180% du PIB national, M. Moscovici s’est limité à appeler à la concrétisation de l’engagement de l’Eurogroupe d’adopter des mesures d’allègement à court terme (EUROPE 11557). « Il est temps que la partie européenne assume en spécifiant les mesures de dette à court terme. Cela est très attendu en Grèce et c’est parfaitement légitime dès lors que le travail sur les réformes est complété », a-t-il estimé. Ce ne sont pas seulement des mesures à court terme qu’il faut prendre, a rétorqué M. Papadimoulis (GUE/NGL, grec), critiquant l’attitude du gouvernement allemand qui, selon lui, est plus intéressé par l’électorat allemand que par le sort de la population grecque. « La dette grecque est insoutenable », a estimé Pervenche Berès (S&D, française), pour qui « un allègement relève de l’urgence » pour rendre crédible l’objectif d’excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.

En réponse à « l’immense gâchis » du dossier grec, selon les termes de Jean Arthuis (ADLE, français), plusieurs députés ont plaidé pour plus d’intégration politique au sein de la zone euro, avec la création d’un budget propre et un contrôle démocratique accru. (Mathieu Bion)

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