Le Parlement européen adoptera une résolution politique sur la négociation à mener avec le Royaume-Uni dans la foulée de l’activation de l’article 50 du Traité de l’UE prévue d’ici à la fin mars par le Premier ministre britannique, Theresa May, a annoncé mardi 4 octobre à Strasbourg le Belge Guy Verhofstadt, chef de file du groupe ADLE, mais aussi négociateur en chef du PE sur le 'Brexit' ».
« Pour nous, il est certain qu’il ne peut y avoir de prénégociation, ça ne peut débuter qu’après l’activation de l’article 50 », a par ailleurs martelé Guy Verhofstadt : une ligne ferme partagée par les principaux groupes du PE.
Cette résolution sera éminemment politique et symbolique et n’aura pas de valeur contraignante, mais elle servira à rappeler les lignes rouges du PE et à dire « no pasaran », a commenté une source du groupe PPE. Les principaux groupes du PE restent en effet soudés sur un principe phare qui est de ne pas dissocier les quatre libertés fondamentales du marché intérieur ; cela, alors que le Royaume-Uni, rusé « comme un renard », « tentera de diviser les États membres », a ajouté cette source.
Selon M. Verhofstadt, cette résolution sera votée vers mars ou avril, mais avant que le Conseil n’adopte, lui, son mandat de négociation. Le travail d’analyse de la législation, puis d’expertise, va commencer, ce qui alimentera cette résolution qui définira « les lignes de négociation » du PE. Mais il ne s’agira pas de préconiser telle ou telle relation future avec le Royaume-Uni. C’est aux Britanniques, a dit le responsable belge, de présenter, au moment de l'activation, la proposition de nouvelle relation avec l’UE et « c’est à partir de là que les négociations pourront commencer ». Guy Verhofstadt est, en tout cas, d’avis que ce processus devra en effet être terminé avant les élections européennes de 2019 pour qu’un nouveau cycle législatif puisse pleinement commencer.
Manfred Weber (allemand), chef de file du PPE, estime aussi « important que la procédure de 'Brexit' soit terminée en 2019 », affirmant : « on a attendu trop longtemps que la Grande-Bretagne agisse ». Pour le groupe PPE, les lignes rouges sont identiques. Les quatre principes de base (liberté de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des marchandises) ne sont pas à débattre et « je ne vois pas comment on pourrait trouver un compromis quand on entend la rhétorique du parti conservateur britannique », a mis en garde M. Weber.
Cette fermeture, du moins de façade, du PE, mais aussi du Conseil et de la Commission, qui ne cessent de marteler qu’aucune négociation ni même aucune discussion préparatoire n’auront lieu avant la notification, n’est en tout cas pas pour faciliter les affaires du Royaume-Uni. Dimanche 1er octobre, le Premier ministre, Theresa May, a souhaité que l’UE accepte de mener des discussions préparatoires, ce qui permettrait un processus plus en douceur, option que la Commission, mais aussi le PE ont rejetée à ce stade. (Solenn Paulic)