Le projet de loi instaurant une quasi-interdiction de l’avortement en Pologne s’invite au Parlement européen, alors que les manifestations font rage dans toute l’Europe. À la demande des groupes libéral et social-démocrate, les eurodéputés consacreront un débat à cette question mercredi 5 octobre.
Le projet de loi polonais a été renvoyé devant la commission parlementaire le 23 septembre par le Parlement polonais. Il prévoit de durcir la législation contre l’interruption volontaire de grossesse, actuellement autorisée dans 3 situations seulement : en cas de viol ou d'inceste, de graves pathologies du fœtus ou de risques avérés pour la vie ou la santé de la mère. Le projet de loi déposé à l’initiative des organisations 'pro-vie' vise à limiter l’avortement au cas où la vie de la femme serait en danger immédiat, ce qui exclut donc les cas de viol ou d’inceste. Il fixe jusqu'à 5 ans de prison la peine pour les médecins pratiquant l'IVG et pour les femmes y ayant recours, tout en autorisant le juge à renoncer à punir ces dernières. « La législation polonaise est déjà l’une des plus restrictives en Europe. (..) Ce genre de loi ne conduit qu’à des avortements dangereux, très risqués pour la santé et à l'avortement ‘touristique’ dans d'autres pays, seulement pour les femmes qui peuvent se le permettre. Cette loi est donc inefficace et hypocrite », a réagi Sophie in 't Veld (néerlandaise), première vice-présidente de l’ADLE.
L'avortement est légal dans presque tous les pays de l'UE, bien que les restrictions sur les circonstances dans lesquelles il est permis varient considérablement. Il est considéré comme un crime en Irlande du Nord et à Malte et illégal en République d'Irlande. L'Espagne a un moment envisagé, en 2014, de restreindre l'accès à l'avortement, puis y a renoncé. (Sophie Petitjean)