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Bulletin Quotidien Europe N° 11637
Sommaire Publication complète Par article 23 / 23
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1153

 

*** Futuribles. L’anticipation au service de l’action. Futuribles Sarl (47 rue de Babylone, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 53633770 – fax : 42226554 – Courriel : revue@futuribles.com – Internet: http://www.futuribles.com ). Juillet-août 2016, n° 413, 136 p., 22 €. Abonnement annuel : 115 €. ISBN 978-2-84387-426-3.

Si, dans ce numéro de Futuribles, Hughes de Jouvenel rappelle, dès l’entame de son éditorial, que la prospective « entend être un instrument d’aide à la décision et à l’action », elle qui « invite à considérer l’avenir comme territoire à explorer mais aussi comme territoire à construire », c’est toutefois à une réalité incommodante depuis de trop longs mois que Jean-François Drevet consacre sa « Tribune européenne ». Cet ancien fonctionnaire européen y discerne un « désastre en vue pour le droit d’asile », cette observation relevant moins de la prospective que du constat lucide des errements des Vingt-huit sur le plan migratoire.

L’auteur revient d’abord sur l’accord conclu le 18 mars dernier avec la Turquie, ce « pacte avec le diable » qui, selon Wolfgang Münchau dans le Financial Times, a vu l’Europe vendre son âme. Comment en est-on arrivé là ? Pour Jean-François Drevet, « des carences anciennes et profondes » l’expliquent. D’abord, l’Union n’a pas la maîtrise des frontières externes parce qu’en s’en remettant au système de Dublin pour gérer les demandeurs d’asile, « on a fait bon marché, non seulement de la solidarité entre les Etats membres de l’UE, mais aussi de la simple efficacité ». Il va de soi que « l’inégale exposition des Etats », certains n’ayant « qu’à surveiller quelques aéroports » alors que d’autres ont à contrôler des milliers de kilomètres de frontière maritime, ne pouvait conduire qu’à un insupportable « chacun pour soi ». La politique migratoire n’est pas plus à la hauteur des enjeux. La Commission a beau eu invoquer les arguments démographiques, économiques et humanitaires qui justifiaient d’en doter l’Union, les gouvernements n’ont jamais cessé de s’opposer « à une fédéralisation qui leur ferait partager leur souveraineté ». Du coup, les attitudes restrictives sont devenues la règle et les flux se concentre sur ce qu’il est impossible d’empêcher, le regroupement familial, les immigrants qui restent dans l’illégalité sur le territoire européen après l’expiration de leur visa et les immigrés clandestins. Dans ce contexte, la chancelière allemande a joué cavalier seul, ce qui a « comblé d’aise la Turquie » qui, dans ses relations avec l’Union, n’entend pas « se soucier de la piétaille des petits pays et des objections éventuelles de la Commission ou du Parlement européens ». De la sorte, l’Union s’est retrouvé en position de demandeur face au président Erdogan qui a ainsi pu d’abord rouvrir en bonne position « le marchandage sur la relance des négociations d’adhésion », avant de faire de l’abolition des visas pour les citoyens turcs « un nouveau test de sa capacité à imposer ses vues à l’UE », tant il est vrai qu’elle s’accompagne d’un nouveau chantage : si les Européens ne s’inclinent pas, les réfugiés seront de nouveau libres de voguer vers la Grèce… Faute de rester ferme envers Ankara, l’Union ajoutera « une autre crise à celle des migrants syriens » : combien de citoyens turcs opposés au régime ou de Kurdes ne seront-ils pas tentés de rester dans l’Union après l’expiration de leur visa de trois mois ? La politique souhaitable serait que la Commission soit entendue lorsqu’elle propose que les réfugiés soient répartis dans l’Union « sur la base de quotas calculés à partir de critères objectifs ». Existe-t-il toutefois encore vraiment la volonté de se doter d’une « politique commune, là où il n’existe que des réticences communes » ?

L’essentiel de ce numéro est toutefois bel et bien consacré, comme il se doit, à la prospective, avec notamment un regard porté par Guillaume Benoît sur l’intensification à venir des problèmes liés à l’eau en lien avec la croissance de la demande alimentaire et aux impacts du changement climatique, y compris en Europe, ce qui confère, selon lui, une dimension stratégique majeure à la question des relations eau / sols / agriculture et à la transition agroécologique. Un intéressant dossier est aussi consacré aux relations entre prospective et science-fiction. (MT)  

*** STAVROS LIGEROS : L'invasion des non-combattants. Editions Patakis (38 Panayi Tsaldari, GR-10437 Athènes. Tél. : (30-210) 3650000 – fax : 3811940 – Courriel : bookstore@patakis.gr – Internet: http://www.patakis.gr ). Collection « Sciences sociales et politiques ». 2016, 224 p., 14,30 €. ISBN 978-960-16-6845-1.

Ce livre consacré aux réfugiés-immigrants arrivés en Grèce et à leur impact sur le pays précède celui que Stavros Lygeros a titré "Le terrorisme islamique". En raison de leur identité religieuse et culturelle, les immigrants musulmans sont très peu intégrés, eux qui cherchent souvent à reproduire dans l'environnement occidental la manière dont ils vivaient dans leur pays d'origine. D’où l’apparition de ghettos informels. Pour l’auteur, économiste, éditorialiste reconnu du journal grec « Kathimerini », analyste politique pour la chaine publique ERT et auteur de plusieurs livres, il en résulte en Grèce une « décharge » humaine qui a alimenté la criminalité et le travail au noir sous-payé. Il analyse les aspects juridiques et politiques de l'asile et le rôle que joue la « solidarité professionnelle », tant il faut reconnaître que les voix antiracistes gonflent paradoxalement les voiles de l’extrême-droite d’Aube Dorée. A ses yeux, la politique des « frontières ouvertes » et l’invitation lancée par la chancelière Merkel ont conduit, en 2015, à l’ouverture de la boîte de Pandore. Le résultat a été que l'Union européenne a été entrainée dans le sillage de la politique privilégiée par le Premier ministre hongrois Orban, l'Autriche ayant fait le sale boulot pour que le corridor balkanique soit fermé et que frontière européenne se retrouve désormais dans ma mer Egée et à Idomeni, au nord de la Grèce. L’auteur met aussi en lumière le rôle de Frontex, de l'Otan et des ONG, avant de disséquer l'accord euro-turc et de mesurer ce qui découle du coincement en Grèce de dizaines de milliers de réfugiés et d’immigrants fatigués. En guise de conclusion, Stavros Ligeros observe que ces personnes ne constituent pas seulement un problème humanitaire car, autre élément fort désagréable, leur présence entraîne des effets sociaux et provoque même des problèmes de sécurité publique, cette vérité ne pouvant pas être tue…  (AKa)  

*** GEORGIA SPIROPOULOU, DIMITRIS CHRISTOPOULOS : Réussirons-nous ? Editions Papazisi (2 rue Nikitara, GR-10678 Athènes. Tél. : (30-210) 3822496 – fax : 3809020 – Courriel: papazisi@otenet.gr – Internet : http://www.papazisi.gr ). 2016, 118 p., 8 €. ISBN 978-960-02-3223-3.

Le problème des réfugiés est une crise dans la crise. Cet ouvrage en témoigne à la lumière d’exemples vécus qui disent l’ampleur de ce drame en constante évolution. Œuvre d’enseignants universitaires actifs au sein de l’Université Panteion à Athènes (Dimitris Christopoulos est également vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme), il contribue à la compréhension des dimensions spécifiques et de la nature de cette « crise des réfugiés » vécue en Grèce à partir du printemps 2015, ses auteurs ayant notamment été « sur le terrain » afin de prendre la mesure de la situation dans des points géographiquement critiques concernant le flux de réfugiés en provenance de Turquie ou à destination d’autres pays de l’Union européenne. Les principaux objectifs de cet essai sont les suivants : de présenter la situation réelle, administrative et juridique, pour ce qui est des réfugiés en Grèce ; de procéder à une évaluation politique des raisons qui ont façonné et continuent de façonner les réponses apportées au drame des réfugiés dans le contexte de la crise grecque ; d’identifier de manière précise les déficiences structurelles dans la gestion des réfugiés en Grèce, ce alors que l'accent a toujours été mis sur la stratégie européenne ; de formuler des suggestions afin que la Grèce puisse gérer cette situation de la manière la plus humaine possible. (AKa)  

*** VASSILIOS TSEVRENIS (sous la dir. de) : La crise de l'immigration et des réfugiés dans les îles de la mer Egée orientale. Les problèmes et les perspectives. Editions Andy’s Publishers (47 rue Solonos, GR-10672 Athènes. Tél. : (30-210) 3390232 – Courriel : info@andyspublishers.com – Internet : http://www.andypublishers.com ) et Fondation Marangopoulos pour les droits de l’homme (1) (1 rue Likabettus, GR-10672 Athènes. Tél.: (30-210) 3637455 – fax : 3622454 – Courriel : info@mfhr.gr  - Internet, 12 €. ISBN 978-960-565-153-4.

Dans ce 91ème volume publié par la Fondation Marangopoulos des droits de l'homme, on trouve le compte-rendu enrichi d’un séminaire organisé par celle-ci le 10 décembre dernier à l'occasion du 67ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Il est riche d’analyses de spécialistes, de rapports d’ONG présentent dans les îles de la mer Egée orientale, de propositions visant à mieux s’attaquer aux problèmes existants, ainsi que de suggestions concernant les initiatives que doivent impérativement prendre les Institutions internationales. L’ouvrage donne aussi la parole aux réfugiés qui, à travers leurs témoignages, expliquent ce qu’ils ont vécu, leurs conditions de vie sur place, leurs points de vue et leurs propositions. (AKa)  

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