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Bulletin Quotidien Europe N° 11637
POLITIQUES SECTORIELLES / Jai

La Commission s'évertue à ne pas accorder trop d'importance au référendum hongrois sur l'accueil des migrants

La Commission européenne a officiellement « pris note », lundi 3 octobre, des résultats du référendum hongrois sur les futures politiques migratoires européennes que la commission électorale hongroise a finalement invalidés en raison d’une participation insuffisante.

Sur les 45% des électeurs hongrois s'étant rendus aux urnes dimanche, 95% d'entre eux (soit plus de 3 millions) ont refusé que 'Bruxelles' impose à la Hongrie des quotas obligatoires de demandeurs d’asile sans l’aval du parlement hongrois. La commission électorale hongroise a ensuite rendu cette consultation caduque, le seuil obligatoire de 50% pour la rendre valide n’ayant en effet pas été atteint.

La Commission aurait « pris note » du résultat du référendum que celui-ci soit validé ou déclaré caduc, a commenté Margaritis Schinas, porte-parole de l’institution.

Au Parlement européen, certains groupes n’avaient pas caché leur satisfaction, dimanche soir, à l’image des Verts/ALE. « La propagande de campagne extrêmement agressive n'a manifestement pas convaincu la  majorité de l'électorat hongrois. Les Hongrois ont su résister aux discours de haine de leurs dirigeants », a commenté le Belge Philippe Lamberts, dans un communiqué. Pour l'autre co-présidente des Verts/ALE, l'Allemande Ska Keller, il est temps de s’attaquer aux vrais problèmes, notamment au problème des droits fondamentaux des migrants, a-t-elle réagi sur Twitter. « La véritable menace pour l'Union européenne, ce ne sont pas les migrants mais l'approche irresponsable des États membres », a  affirmé pour sa part la Française Eva Joly.

Gianni Pittella, chef de file du groupe S&D au PE, a quant à lui estimé que « toute l’Europe (avait) gagné » et que « le populisme et la xénophobie (avaient) perdu ». Il a félicité les électeurs hongrois qui ne se sont pas rendus aux urnes.

La campagne de M. Orbán continue

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a cependant considéré, dimanche soir, que ce référendum, même invalidé, constituait un « excellent résultat » et une victoire contre 'Bruxelles', selon les agences de presse. Loin de renoncer à sa campagne contre les décisions de relocalisation des demandeurs d’asile prises au niveau européen en septembre 2015 (EUROPE 11394) et contre les futures politiques migratoires européennes reposant sur des systèmes de quotas, Viktor Orbán a même annoncé qu'il ferait inscrire dans la Constitution hongroise les résultats du vote « pour refléter la volonté du peuple ».

Lundi midi, le porte-parole de la Commission a rappelé à M. Orban la « primauté du droit communautaire » sur le droit national et que tous les États membres restaient liés aux décisions de relocalisation qui ont été adoptées en 2015 conformément aux traités. « Ce qui fait partie de l'acquis communautaire doit être appliqué », a-t-il souligné.  Mais politiquement, la Commission refuse d'ouvrir officiellement un contentieux juridique avec les pays récalcitrants.

Plusieurs pays du Nord de l’Europe se sont, par ailleurs, plaints du refus de la Hongrie d’appliquer les règles dites de Dublin sur l’asile consistant à reprendre sur son territoire des demandeurs d’asile ayant pour la première fois été enregistrés en Hongrie. La Commission européenne a répondu le 30 septembre à ces cinq pays et est en contact avec les autorités hongroises à ce sujet, a indiqué Natasha Bertaud, porte-parole à la Migration et aux affaires intérieures. (Solenn Paulic)

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