Le groupe de réflexion Momagri a envoyé, lundi 3 octobre, une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour lui présenter sa vision en vue d'une réforme de la politique agricole commune (PAC) « qui réponde aux enjeux de la volatilité des prix agricoles et de l’instabilité des marchés ».
Dans son livre blanc, publié le 31 août, Momagri (Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture) a préconisé une réforme « profonde et audacieuse » de la PAC (EUROPE 11614).
Le groupe de réflexion considère que les paiements directs découplés (sans lien avec les niveaux produits) sont « inefficaces et nuisent à l’image des agriculteurs. Aujourd’hui la grave crise agricole qui affecte le monde agricole, l’atteste », lit-on dans un communiqué expliquant la démarche de Momagri.
Ce groupe d'experts propose de remplacer une partie de ces paiements directs par un dispositif flexible de gestion de risques qui assure aux agriculteurs un chiffre d’affaires minimum dans les périodes d’effondrement des prix.
Dans sa lettre adressée à M. Juncker, le président de Momagri, Christian Pèes, évoque la mise en place d’un « système de redistribution contracyclique qui ne serait activé qu’en cas de fléchissement durable des prix ». Ainsi, lorsque les prix de marché se situent au-dessus du prix plancher, le coût pour l’UE réduirait fortement.
Ce système permettrait de stabiliser les trois grands marchés (céréales, lait et oléagineux) et il faudrait engager une réflexion sur le marché du sucre, estime Momagri. Il suggère également, à ce stade, de reconduire les mesures du deuxième pilier (développement rural). Enfin, ce projet de réforme répondrait aux engagements de l’UE vis-à-vis de l’OMC, « en activant mieux l’utilisation des clauses de minimis », soutient M. Pèes. L’objectif est de parvenir à une PAC nouvelle plus durable respectant la valeur ajoutée budgétaire, conclut Momagri. (Lionel Changeur)