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Bulletin Quotidien Europe N° 11637
INSTITUTIONNEL / Royaume-uni

Accueil favorable à la promesse britannique d'adresser une demande de sortie de l'UE avant fin mars 2017

L’annonce du Premier ministre britannique, Theresa May, d'activer l’article 50 du Traité d’ici à la fin mars 2017 a été particulièrement bien accueillie par les Européens.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a en effet salué une déclaration « qui apporte une clarté bienvenue sur le début des pourparlers sur le 'Brexit' », la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, via son compte Twitter.

Ironie de l'histoire, cette activation pourrait avoir lieu au moment où les Vingt-sept se réuniront à Rome pour célébrer les 60 ans du Traité de Rome, événement marquant l'aboutissement de la feuille de route adoptée à Bratislava censée redonner du sens au projet européen (EUROPE 11626).

Mais Theresa May a également livré, dimanche en ouverture de la Conférence du parti conservateur, un discours plutôt offensif concernant les futures négociations avec l’UE, laissant présager des négociations potentiellement difficiles. « Nous serons un pays pleinement indépendant, souverain », a dit Mme May. « Un pays qui n’appartient plus à une union politique avec des institutions supranationales qui peuvent primer sur les parlements nationaux et les cours ».

Si le Premier ministre n’a pas souhaité que ces négociations se transforment en un affrontement, Mme May a rappelé que l’objectif de la sortie du pays de l’UE était de retrouver la « liberté de prendre nos propres décisions sur un grand nombre de sujets, depuis la façon dont nous étiquetons notre nourriture à la façon dont nous contrôlons l’immigration ». « Nous ne quittons pas l’UE pour renoncer à nouveau au contrôle de l’immigration », a-t-elle dit. « Et nous ne partons pas seulement pour revenir à la juridiction de la Cour de justice », a ajouté Mme May.  Selon le Premier ministre britannique, la seule chose qui pourrait être à discuter entre Londres et l'UE serait la façon dont les deux blocs continueraient de commercer entre eux.

Durcissement des positions européennes

« Une fois que l’article 50 sera activé, les Vingt-sept s’engageront pour sauvegarder leurs intérêts », a réagi pour sa part sur Twitter le président du Conseil européen. Mme May a discuté dimanche 2 octobre au téléphone avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et les deux responsables se rencontreront en marge du prochain Conseil européen du mois d’octobre, a commenté Margaritis Schinas, porte-parole de l’institution, refusant à ce stade de préciser la nature de cet échange.

La Commission travaillera de manière constructive avec le Royaume-Uni sur « la base de la notification et non du discours », a indiqué le porte-parole, insistant une nouvelle fois sur le fait qu’il n’y aurait pas de négociations avant la notification.

La Commission a ainsi balayé la proposition de Mme May de mener des discussions « préparatoires » à l’activation de l’article 50, comme le Premier ministre britannique l'a suggéré dans une interview le 2 octobre. Ces discussions préliminaires à la notification pourraient notamment permettre d’avoir « un processus de négociation plus apaisé », a fait valoir Mme May.

Le premier ministre maltais, Joseph Muscat, dont le pays assumera la présidence du Conseil de l'UE début 2017, a estimé que le Royaume-Uni se retrouverait en position d'infériorité vis-à-vis de l'UE, à l'image de ce qui s'est passé avec la Grèce, dans une interview à Politico(Solenn Paulic)

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