Les ministres des Finances de la zone euro feront le point sur la mise en œuvre du 3ème plan de sauvetage grec lors de leur réunion informelle de Bratislava, vendredi 9 septembre.
Le gouvernement grec doit accomplir 15 actions préalables avant que les créanciers d'Athènes acceptent de débourser la sous-tranche de 2,8 milliards d'euros issue de l'enveloppe débloquée après la conclusion de la première mission de suivi du plan d'aide (EUROPE 11575, 11557).
Figurent parmi ces mesures la mise en place du fonds de privatisation (notamment l'intronisation de son conseil de surveillance) ainsi que des réformes dans le secteur de l'énergie, dans la gouvernance du secteur bancaire et au sein de l'agence de collecte des revenus.
Ces mesures préalables ne seront pas finalisées d'ici au 15 septembre, l'intention des autorités grecques étant qu'elles soient prêtes au plus tard début octobre. À Bratislava, l'Eurogroupe ne prendra donc aucune décision quant au versement définitif de la sous-tranche. « Ce n'est pas un problème majeur si cela intervient à la fin septembre », au moment où se réuniront à nouveau les experts des Trésors nationaux ('euro working group'), a indiqué un haut fonctionnaire européen, mercredi 7 septembre. Faisant valoir que la Grèce n'était « absolument pas » sujette à un problème de liquidité à court terme, il a noté « beaucoup de bonne volonté » de la part des autorités grecques et de leurs créanciers.
Lors de l'Eurogroupe, le ministre grec devrait également présenter sa vision du déroulement de la 2ème mission de suivi qui devrait débuter début octobre. Cette phase comprend notamment l'adoption d'une réforme du marché du travail, une initiative difficile pour un gouvernement ancré à gauche sur l'échiquier politique. La coalition Syriza souhaite en effet rétablir les conventions collectives mises à mal lors des précédents plans de sauvetage, tandis que les créanciers feront davantage pression pour des mesures renforçant la flexibilité du travail.
En parallèle de la 2ème mission de suivi, les discussions sur l'allègement de la dette grecque reprendront. Sur la base d'une nouvelle analyse de la viabilité de la dette grecque, le FMI devra indiquer, avant fin 2016, s'il entend participer financièrement au 3ème plan d'aide doté de 86 milliards d'euros du MES.
Vendredi aura lieu à Athènes un sommet des pays méditerranéens en vue du sommet informel de Bratislava à 27 États membres, vendredi 16 septembre. Comme les sociaux-démocrates européens (EUROPE 11609), le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, plaide, sur les questions économiques, pour un allègement des règles budgétaires européennes et un doublement des capacités du plan 'Juncker' d'investissement.
Budgets 2016 et 2017
Les ministres ne reviendront pas sur les décisions prises cet été par le Conseil de ne pas sanctionner financièrement l'Espagne et le Portugal, alors que les deux pays ibériques n'ont pas pris les mesures suffisamment suivies d'effets pour se conformer au Pacte de stabilité (EUROPE 11605, 11602). Ils ne débattront pas non plus de l'octroi de deux années de plus (de 2016 à 2018) à l'Espagne et un an au Portugal (de 2015 à 2016) pour que ces pays ramènent leur déficit public sous la barre des 3% du PIB national.
Les pays de la zone euro doivent présenter leurs projets de budget 2017 au plus tard le 15 octobre. Le haut fonctionnaire européen a espéré que d'ici mi-octobre l'Espagne soit en mesure de fournir plus de clarté sur les mesures qu'elle entend prendre pour respecter ses engagements budgétaires. Toutefois, il a estimé que le gouvernement espagnol en affaires courantes ne pouvait pas être considéré comme fautif s'il ne respecte pas le délai imparti. « Je ne suis pas inquiet » à ce sujet, a-t-il indiqué, se référant au délai supplémentaire de deux ans accordé à l'Espagne pour sortir de la procédure pour déficit excessif. (Mathieu Bion)