Bruxelles, le 25/07/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a rejeté, lundi 25 juillet, les informations parues au cours du week-end dans plusieurs journaux, notamment le Guardian, selon lesquelles les Européens pourraient offrir à Londres un accès au marché intérieur tout en l'autorisant à disposer d'une dérogation allant jusqu'à 7 ans en ce qui concerne la libre circulation des citoyens européens.
Une telle clause d'urgence avait été prévue dans le projet de renégociation de la relation entre Londres et l'UE présenté le 2 février par Donald Tusk, un 'frein' d'urgence que Londres était autorisé à activer pendant 4 ans au moins avec, sur cette période, un retour progressif au versement d'allocations aux travailleurs européens. « Tout ce qui était inclus dans l'accord de renégociation a cessé d'exister le 24 juin », a réagi Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission. « Cette offre n'est plus sur la table ».
Le matin, c'est le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, qui avait rappelé personnellement, dans une interview à la télévision française, qu'il n'y avait « pas d'accès au marché intérieur sans libre circulation ; cela reflète la philosophie même du projet européen ».
Selon le Guardian, les discussions de la semaine dernière entre le Premier ministre britannique, Theresa May, et ses homologues allemand et français auraient conduit à élaborer un plan en vertu duquel le Royaume-Uni, une fois sorti de l'UE, conserverait cette clause de frein d'urgence pour une durée pouvant aller jusqu'à 7 ans.
Selon une source diplomatique d'un grand État membre, aucune discussion n'existe sur ce frein d'urgence. « La déclaration des Vingt-Sept est très claire: les 4 libertés sont indissociables », a-t-elle réagi.
Le chef de file du groupe ADLE au PE, Guy Verhofstadt, a également réagi à ces informations et promis que le PE ne laisserait jamais passer un tel accord. Un accord dans ces conditions « serait impensable. Cela permettrait au Royaume-Uni de consolider sa position déjà très favorable: garder les parties les plus favorables et se débarrasser des obligations qui les accompagnent. Les gouvernements de l'UE seraient fous d'accepter un tel accord », a réagi le député belge. (Solenn Paulic)