Bruxelles, 19/07/2016 (Agence Europe) - Déjà vulnérables aux changements socio-économiques et démographiques, les villes européennes doivent faire face à une autre vulnérabilité liée aux phénomènes météorologiques extrêmes - vagues de chaleur, inondations, sécheresses, pénuries d'eau - dont la fréquence et la gravité sont appelées à augmenter. Cette vulnérabilité là, pour être atténuée, exige que les villes européennes se transforment en adoptant une approche systémique de l'adaptation au changement climatique qui favorise la résilience et améliore les conditions de vie des citadins, selon un rapport publié par l'Agence européenne de l'Environnement (AEE) mardi 19 juillet.
Ce rapport intitulé 'Urban adaptation to climate change in EUROPE 2016 - tranforming cities in a changing climate' ('Adaptation urbaine au changement climatique en EUROPE 2016 - transformer les villes dans un climat qui change') passe en revue l'ensemble des actions que les responsables de l'aménagement urbain et les décideurs peuvent entreprendre pour aider à minimiser l'impact du changement climatique, analyse les différentes approches de l'adaptation par les autorités locales et montre que les mesures à court terme ou au coup par coup pour faire face à ce phénomène ne suffiront pas à atténuer les menaces.
L'enjeu est de taille car une trop grande vulnérabilité des villes européennes aura des impacts négatifs substantiels sur les infrastructures et les services comme l'énergie, les transports et l'eau, avec, comme corollaire, une détérioration de la qualité de la vie en zone urbaine.
Selon l'AEE, seule une approche systémique qui puisse s'attaquer aux causes profondes de la vulnérabilité au changement climatique permettra aux villes européennes de relever avec succès le défi de l'adaptation. Il convient, par exemple, de combiner un meilleur aménagement urbain avec davantage d'espaces verts pour retenir les eaux de pluie en excès, ou, par temps chaud, rafraîchir des centres urbains à forte densité de population, et de prévenir la construction d'habitations en zones inondables. Une telle approche pourrait transformer les villes en des lieux plus attractifs, résilients au changement climatique et durables, pour vivre et travailler, souligne le rapport.
Une centaine de villes, parmi lesquelles Copenhague, Rotterdam, Barcelone Bologne et Bratislava ont déjà entrepris d'analyser leur vulnérabilité au changement climatique et se sont dotées de programmes et de stratégies d'adaptation qu'elles commencent à mettre en oeuvre. La stratégie d'adaptation de l'UE et l'initiative de la Convention des maires pour le climat et l'énergie vont dans le bon sens, mais il faut faire plus, souligne le rapport, car les villes qui n'ont encore rien entrepris pour s'adapter au changement climatique, sont bien plus nombreuses que les villes pionnières. (Aminata Niang)