Bruxelles, 19/07/2016 (Agence Europe) - Les ministres de la Recherche des États membres de l'UE et de l'Association européenne de libre-échange (AELE) ont adopté la « Déclaration de Bratislava sur les jeunes chercheurs », lors d'une réunion informelle sur la recherche, mardi 19 juillet, afin de soutenir la recherche au sein de l'Union et susciter de nouvelles vocations, notamment parmi les femmes.
« Sans recherche, il n'y a pas de croissance (…). Quand vous regardez les chiffres, nous allons avoir besoin d'un million de chercheurs supplémentaires », a déclaré le commissaire à la Recherche, Carlos Moedas, se félicitant de l'adoption de cette déclaration qu'il a qualifié d'« historique ».
Le texte cite quatre grands axes d'action: - Définir un cadre pour l'épanouissement de personnes d'idées d'excellence ; - garantir des trajectoires professionnelles durables et transparentes ('sustainable and transparent career trajectories') ; - améliorer l'environnement de la recherche ('research environment') ; - assurer un équilibre entre vie professionnelle et privée ('work-life balance').
Dans le cadre de la première thématique, les ministres ont demandé aux organismes de financements de réorganiser « radicalement » leur soutien aux jeunes chercheurs. À leurs yeux, le système actuel, tout entier axé sur des impératifs économiques et caractérisé par des lourdeurs bureaucratiques, est peu propice à l'émergence de nouvelles idées.
Par ailleurs, ils ont demandé à ce que les compétences de recherche et scientifiques soient mises plus en avant dans l'enseignement secondaire. Ils ont sollicité également de la Commission européenne la mise sur pied d'un système de financement durable et effectif. Par exemple, ils ont soumis l'idée d'un système de subvention visant spécifiquement les jeunes chercheurs.
Sur la question des parcours professionnels, ils voudraient que soient mis en place des critères explicites pour assurer une progression et une stabilité professionnelle, et que soient réorganisés en conséquence les systèmes de financements, afin de réduire la part de contrats de courte durée. Ils ont appelé les États membres et la Commission à aménager des canaux de mobilité pour les chercheurs entre les secteurs privés et publics.
Pour ce qui est de l'environnement de la recherche, les ministres ont exprimé leur inquiétude face à la relativement faible diversité des profils des chercheurs européens. Les États membres et la Commission européenne pourraient soutenir une charte pour la diversité et l'égalité, ont-ils suggéré. Cette charte constituerait une condition préalable à terme pour accéder aux fonds européens. Des politiques en faveur du partage des données et idées, notamment en matière d'éthique de la recherche, ont également été évoquées. À ce titre, les ministres avaient appuyé en mai dernier le principe de la recherche dite « ouverte » à l'horizon de l'année 2020 (EUROPE 11560).
Quant au dernier point consacré à l'équilibre entre la vie professionnelle et privée, la déclaration propose aux institutions de recherche d'améliorer leurs dispositifs d'aide pour la garde des enfants, pour soutenir notamment assouplissement des conditions de travail et fournir des opportunités de double carrière.
Selon toute vraisemblance, cette déclaration pourrait faire partie des conclusions qui seront formellement adoptées par le Conseil de l'UE au mois de novembre, a indiqué le ministre slovaque de l'Éducation et de la Science, Peter Plavcan. (Pascal Hansens)