Bruxelles, 18/07/2016 (Agence Europe) - À la veille d'un nouveau débat au sein du Collège des commissaires, ce mercredi 20 juillet, avant une proposition formelle après la pause estivale sur la base des trois options définies en février (EUROPE 11482), plusieurs associations industrielles ont appelé l'UE, lundi 18 juillet, à ne pas octroyer le statut d'économie de marché (MES) à la Chine aussi longtemps que ce pays ne respectera pas les cinq critères établis par l'UE à cette fin.
« En voulant que l'UE la traite comme une économie de marché de bonne foi dans toute enquête antidumping, la Chine veut un permis de dumping », avertit l'association Aegis Europe, porte-drapeau de près de 30 fédérations industrielles représentant divers secteurs (allant des vieilles industries aux renouvelables), avec un chiffre d'affaires annuel de 500 milliards € et des millions d'emplois dans l'UE.
« Il existe un risque sérieux que la Commission propose de facto l'octroi d'un tel permis, intentionnellement ou non. Les conséquences seraient toutefois les mêmes, quelles que soient les mesures supplémentaires mises en place. Les portes seraient grandes ouvertes pour une attaque sans précédent contre toutes les industries manufacturières à travers l'UE, allant de l'acier aux technologies à zéro émission de carbone, mettant en danger des millions d'emplois », insiste-t-elle.
Relayant le message de plusieurs associations industrielles s'exprimant lundi, telles que l'association de l'industrie solaire Eu Pro Sun, l'association de l'industrie européenne de la fibre de verre GlassFibre ou encore l'association européenne des fabricants de bicyclettes EBMA, Aegis Europe exhorte de nouveau l'UE à conditionner l'octroi du MES à la Chine au respect par Pékin des cinq critères établis par l'UE à cet égard, et dont la Chine ne respecte à ce jour qu'un seul élément.
« Il est impératif de relier toute proposition sur la méthode de calcul utilisée dans la procédure antidumping aux cinq critères. Sinon, les mesures antidumping de l'UE seront vulnérables à des contestations et les investissements seront sous un nuage d'incertitude », a-t-elle conclu. (Emmanuel Hagry)