Bruxelles, 18/07/2016 (Agence Europe) - Les ministres en charge de l'Économie et de l'Industrie des États membres de l'UE se sont penchés sur deux grandes problématiques lors de leur réunion informelle à Bratislava, lundi 18 juillet, à savoir: le manque d'investissement dont souffrent les entreprises innovantes au sein de l'UE et l'inadéquation de la main d'oeuvre européenne par rapport à l'expansion de l'économie numérique.
La présidence slovaque du Conseil avait prévu, pour les ministres, deux sessions thématiques simultanées, l'une dédiée aux investissements 'intelligents' pour transformer l'industrie européenne ('Mobilising smart investments for transforming EU industry') et la seconde à la préparation de la main d'oeuvre européenne aux emplois du futur ('Future readiness of the EU workforce').
Manque d'investissement. Le retard en matière d'investissements a occupé la majeure partie de cette réunion informelle. L'économie européenne souffrirait en effet d'un déficit d'investissements croissant, surtout par rapport aux États-Unis. Les investissements de l'industrie européenne dans la recherche et le développement ne représenteraient que 40% de ce que réalise l'industrie américaine. Selon une étude de 2015 de la Commission européenne, l'UE devrait investir pas moins de 335 milliards d'euros pour rattraper les États-Unis rien que dans les technologies des communications (TIC).
Le premier des obstacles resterait ainsi le peu d'appétence des banques pour investir dans des projets risqués, que sont par nature les projets innovants, a déclaré la commissaire à l'Industrie, Elzbieta Bienkowska, à l'issue de la réunion à Bratislava. Sur ce point, les ministres ont souligné l'importance des partenariats publics privés sur le modèle du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS). Ils se sont engagés à renforcer les échanges de bonnes pratiques dans le cadre des « pôles innovants » ('innovative hubs') existants, mais aussi pour renforcer les ressources numériques au niveau national et régional. Sur ce dernier point, la commissaire a rappelé la récente adoption de la plateforme pour la spécialisation intelligente en vue de moderniser le parc industriel des régions (EUROPE 11565).
Mme Bienkowska ne compte pas en rester là et veut faire de l'accès aux investissements son cheval de bataille dans les mois qui viennent, notamment pour les PME. Au niveau européen, l'adaptation industrielle représenterait à l'heure actuelle un montant d'environ 140 milliards d'euros par an, a rappelé la présidence slovaque dans ses documents préparatoires. Cela représente un coût exorbitant pour les PME, pour lesquelles les retombées ne sont que très rarement immédiates.
Manque de compétences. Les chiffres de l'emploi, mis en avant par la commissaire, sont éloquents pour témoigner du problème des compétences. Aujourd'hui, environ un million d'emplois restent ainsi vacants en Europe en raison du manque de compétences numériques. Cette tendance devrait se résorber et tomber à 700 000 emplois non pourvus à l'horizon 2020. Cette baisse serait néanmoins trop lente, selon la commissaire. Elle a mis en avant, dans ce contexte, les récentes actions entreprises par la Commission, notamment l'agenda pour les nouvelles compétences ('New skills agenda') (EUROPE 11525), pour accélérer cette tendance.
En mai dernier, le Conseil 'Compétitivité' avait déjà été consacré à la numérisation de l'économie européenne. Les États membres avaient alors marqué un accord sur la portabilité transfrontière des services et l'utilisation de la bande des ultra-hautes fréquences (EUROPE 11559). (Pascal Hansens)