Bruxelles, 11/07/2016 (Agence Europe) - La France, qui a connu des foyers de Xylella fastidiosa en Corse et dans le sud du pays, devrait améliorer son dispositif de lutte contre la propagation de cette bactérie tueuse d'oliviers dans les Pouilles, en Italie, a estimé l'Office alimentaire et vétérinaire de l'UE (OAV), dans un rapport publié le 4 juillet (EUROPE 11569).
Les échantillonnages et les tests sur les végétaux situés dans un rayon de 100 mètres autour des plantes contaminées par la bactérie Xylella fastidiosa ne sont pas conformes à la décision 2015/789 sur les mesures de lutte appliquées à cette bactérie, estiment les experts de la Direction générale de la santé et la
sécurité alimentaire de la Commission européenne.
Effectué en France, du 3 au 12 février 2016, l'audit devait permettre d'évaluer la situation phytosanitaire et les mesures de lutte appliquées à Xylella fastidiosa dans les deux régions de France où des foyers de la bactérie sont enregistrés. En 2015, la France a analysé en détail la situation de Xylella fastidiosa à l'échelle nationale et a mené une intense campagne de sensibilisation. Le niveau élevé d'alerte et de sensibilisation soutenu par les autorités françaises a permis de découvrir rapidement les foyers.
L'OAV estime que des mesures ont été mises en oeuvre rapidement à l'intérieur et en dehors des zones délimitées. Des ressources humaines et financières supplémentaires ont été mobilisées, un réseau d'échantillonnage et de tests de laboratoire à grande échelle a été établi et les parties prenantes concernées ont été suffisamment informées et associées, poursuivent les experts.
La délimitation, le traitement de l'insecte vecteur, l'arrachage et la destruction des plantes hôtes et symptomatiques dans un rayon de 100 mètres autour des végétaux infectés ont été exécutés conformément aux dispositions de la décision 2015/789 de la Commission, peut-on lire dans le rapport. Il relève cependant que l'intensité des relevés exécutés dans les zones tampons est nettement inférieure à celle qui est imposée par la législation en vigueur. « Il en résulte que la propagation de Xylella fastidiosa ne peut être déterminée avec précision ». En ce qui concerne les foyers où les travaux d'éradication ont été menés à bien, les sites n'ont pas fait l'objet d'une nouvelle visite en vue d'éliminer les végétaux hôtes nouvellement identifiés susceptibles d'être infectés, a constaté l'OAV. Les pépinières situées dans des zones délimitées sont autorisées à déplacer des végétaux spécifiés en dehors de ces zones, sans respecter toutes les dispositions de la décision. « Le risque que l'agent pathogène se déplace vers de nouvelles zones s'en trouve ainsi augmenté », note l'OAV.
Les enquêteurs admettent que la France a pris plusieurs mesures montrant son engagement à éradiquer Xylella fastidiosa, mais « les cas de non-conformité détectés réduisent toutefois l'efficacité des efforts d'éradication ». Le risque de propagation est atténué dans une certaine mesure par le fait qu'à ce jour, tous les foyers ont été enregistrés dans des zones où les végétaux utilisés pour la plantation des principaux hôtes ne sont pas produits à grande échelle.
L'OAV estime enfin que les efforts d'éradication sont compromis par le grand nombre de foyers et le niveau de propagation, en particulier en Corse. « Cette situation est aggravée par la multitude de végétaux hôtes identifiés, l'inaccessibilité des zones à risque et les incertitudes concernant les hôtes et le mode de transmission », concluent les experts de la Commission. (Lionel Changeur)