Bruxelles, 11/07/2016 (Agence Europe) - Les pays du G20, réunis au niveau des ministres du Commerce, dimanche 10 juillet à Shanghai, se sont dits déterminés à dynamiser les échanges pour stimuler l'économie mondiale tout en s'inquiétant de la montée des barrières protectionnistes parmi eux.
« La reprise économique mondiale demeure inégale (...) Le commerce et l'investissement doivent rester les moteurs essentiels de la croissance », assurent-ils dans une déclaration.
Représentant 80% du commerce mondial, les vingt principales économies de la planète souhaitent relancer le commerce mondial, dont le rythme de progression s'est nettement contracté depuis la crise de 2008, stagnant sous les 3% par an depuis 2009 contre plus de 7% lors des deux décennies précédentes.
Mais les pays du G20 éprouvent de grandes difficultés à traduire en actes leurs engagements pris collectivement en faveur du libre-échange, comme le prouvent les rapports successifs de l'OMC démontrant le maintien des restrictions aux échanges par les membres du club depuis 2008 et l'adoption continue de nouvelles mesures de restriction aux échanges.
Dimanche, les ministres du Commerce des pays du G20 ont dit reconnaître « avec inquiétude » la montée des mesures protectionnistes adoptées par ses membres. « En dépit d'engagements répétés, le nombre de nouvelles mesures imposées par les pays du G20 et restreignant les échanges de biens et services atteint un rythme mensuel record depuis que l'OMC a commencé ses décomptes en 2009 », ont-ils déploré.
La Chine, qui préside le club cette année, est particulièrement visée par des mesures de restriction d'autres membres, notamment par les mesures antidumping de l'UE et des États-Unis sur ses exportations d'acier bon marché, fruit de ses surcapacités colossales.
Si la question a été abordée à Shanghai, les ministres du Commerce du G20 se sont limités à décrire les « capacités excédentaires » comme « un problème mondial exigeant des réponses collectives ».
Devant la presse, le vice-ministre chinois du commerce, Wang Shouwen, a indiqué que les pays du G20 « avaient compris la nécessité de la coopération mondiale pour relever le défi causé par les surcapacités de production » et « hautement reconnu les efforts de la Chine » pour régler le problème. « Alors que certains autres pays parlent des mesures souhaitables pour réduire la production, le gouvernement chinois a déjà pris des mesures qui ont été efficaces pour réduire les surcapacités de ses groupes étatiques », a-t-il ajouté.
Dimanche, la Chine s'est aussi montrée proactive en faveur du libre-échange, en étant l'instigateur d'un appel des pays du G20 à accélérer le processus de ratification de l'accord OMC sur la facilitation des échanges (TFA) - le paquet sur la simplification et l'allègement des procédures douanières en faveur des PMA, adopté lors de la conférence ministérielle de l'OMC en 2013 à Bali, que certains membres du club (Argentine, Canada, Indonésie...) n'ont toujours pas ratifié et qui nécessite une ratification par deux tiers des membres de l'OMC pour entrer en vigueur.
Enfin, non évoquée dans la déclaration, la décision du Royaume-Uni de sortir de l'UE ('Brexit'), à travers laquelle Londres sera contrainte de renégocier de nouveaux accords commerciaux avec l'UE et les 58 pays liés au bloc européen par des accords de libre-échange, a alimenté les discussions lors de la réunion. M. Wang a reconnu, à cet égard, que les turbulences liées au 'Brexit' « auront évidemment des conséquences pour le commerce mondial, en particulier sur l'investissement à court terme ». (Emmanuel Hagry)