Bruxelles, le 11/07/2016 (Agence Europe) - La nouvelle Agence de gardes-côtes et gardes-frontières européens constitue une vraie « leçon apprise » de l'année 2015, année particulièrement mouvementée sur le front migratoire, a déclaré, lundi 11 juillet à Bruxelles, le directeur exécutif de l'agence Frontex, Fabrice Leggeri, venu présenter le nouveau mandat de l'agence Frontex.
L'une des principales innovations adoptées notamment par le PE le 6 juillet dernier consiste en particulier à mener des études de vulnérabilité aux différents points des frontières extérieures de l'UE et des stress tests seront menés à l'automne pour mettre au point la méthodologie de ces études de vulnérabilité, a aussi précisé le responsable de Frontex.
La future Agence, qui se bâtira sur les fondations de l'actuelle Frontex, sera capable de déployer une force de réaction de 1500 gardes-frontières et gardes-côtes en une semaine, les États membres étant priés d'ici là de constituer et mettre en réserve ce personnel et d'en montrer la volonté politique. Cette réserve permanente constitue un progrès, notamment par rapport à l'année dernière où les États membres avaient encore des difficultés à répondre aux appels de Frontex.
La mise en œuvre de la nouvelle Agence, dont le règlement doit être formellement adopté à la rentrée, sera graduelle ; elle débutera avec les effectifs existants, mais il y aura des recrutements massifs, a expliqué le patron de Frontex. L'objectif est de recruter 200 personnes supplémentaires dans l'agence, qui s'ajouteront aux effectifs actuels de 350.
Il faudra aussi travailler sur les standards de compétence et de qualifications des gardes-côtes et gardes-frontières que mettront à disposition les États membres.
Les nouvelles tâches de la future Agence portent aussi sur les retours, Frontex pouvant maintenant organiser des vols de retours par elle-même. Elle pourra aussi faire atterrir un avion parti de l'UE dans un pays voisin (candidat par exemple) pour prendre en charge des opérations de retour de migrants en situation irrégulière et ne pouvant pas prétendre à la protection.
Le mandat de la nouvelle agence Frontex va renforcer les aptitudes de l'agence à détecter des menaces venant de la mer comme des menaces terroristes ou d'autres activités criminelles, a encore souligné le directeur. La nouvelle Frontex pourra aussi mener des opérations à multiples fonctions, a encore indiqué M. Leggeri, par exemple, en portant aussi sur le trafic d'armes, en coopération avec les douanes. La palette de domaines d'intervention pourra être large, couvrant de nombreuses activités illicites, de la pêche illégale aux atteintes à l'environnement, a indiqué le responsable.
La coopération avec Europol restera importante, la nouvelle Frontex devant continuer à fournir des données personnelles de migrants à Europol dans le cadre de sa lutte contre les trafics d'êtres humains, notamment.
Parallèlement à ces activités censées renforcer les frontières externes de l'UE, le patron de Frontex a assuré que toutes les missions se feraient dans le respect des droits fondamentaux et un mécanisme de plainte sera mis sur pied quand une personne estimera que ses droits ont été violés. (Solenn Paulic)