Bruxelles, 11/07/2016 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro sont d'avis que l'Espagne et le Portugal n'ont pas entrepris des actions suffisamment suivies d'effets pour respecter leur trajectoire budgétaire entre 2013 et 2015.
Il y a « unanimité » parmi les ministres sur les projets de recommandation de la Commission européenne, a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, lundi 11 juillet. Selon ces projets de recommandation, les deux pays ibériques n'ont pas suffisamment pris des actions suivies d'effet pour réduire leur déficit en termes nominaux et structurels (EUROPE 11589).
Selon le Pacte de stabilité et de croissance révisé, ne votent sur cette question que les pays de la zone euro non concernés, à savoir les dix-huit ministres sauf l'Espagne ou le Portugal.
« Il ne s'agissait pas aujourd'hui d'évoquer des sanctions. La question des amendes sera abordée le cas échéant. Ce n'est pas pour aujourd'hui », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici. Il a indiqué que la Commission présenterait « rapidement » de nouvelles trajectoires que l'Espagne et le Portugal devront respecter pour ramener leur déficit public nominal sous la barre des 3% du PIB. En juin, l'institution européenne avait proposé d'octroyer un an de plus pour y parvenir, soit 2016 pour Lisbonne et 2017 pour Madrid.
Selon toute vraisemblance, le Conseil Écofin reprendra à son compte, mardi 12 juillet, les deux projets de recommandation (voir autre nouvelle). À partir de mardi, la Commission aura 20 jours pour proposer des sanctions (pénalité financière, suspension des fonds structurels), après quoi le Conseil aura 10 jours pour bloquer cette proposition. Les ministres des Finances de la zone euro demandent à la Commission d'agir le plus rapidement possible afin d'apporter le maximum de clarté à une étape inédite de la procédure pour déficit excessif. J'espère que la Commission présentera une proposition « sage », a dit M. Dijsselbloem.
Côté espagnol, le ministre De Guindos s'est dit toujours plus convaincu que son pays ferait l'objet d'une pénalité financière nulle. Tout dépend des efforts que le futur gouvernement espagnol devra accomplir pour corriger son déficit excessif d'ici à 2017, hypothèse privilégiée par la Commission. Nous verrons comment l'effort sera réparti sur les années 2016 et 2017, a indiqué M. Moscovici (Mathieu Bion)