Bruxelles, 06/07/2016 (Agence Europe) - Les dirigeants de l'UE - le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission, Jean-Claude Juncker - lors de la rencontre des dirigeants UE/États-Unis en marge du sommet de l'OTAN, vendredi 8 juillet à Varsovie, devraient accentuer la pression sur l'administration américaine pour qu'elle lâche du lest en matière d'ouverture des marchés publics, dans le cadre des négociations de libre-échange UE/États-Unis (TTIP).
Dans la perspective d'un nouveau round de négociations au plan technique - le 14ème - la semaine prochaine (du 11 au 15 juillet) à Bruxelles, le message transmis lors du dernier G7 (fin mai à Ise-Shima, NDLR) appelant à intensifier les travaux sur le TTIP « sera répété vendredi », nous a confié un haut fonctionnaire européen, mercredi 6 juillet. Mais l'UE devrait réclamer une meilleure prise en compte de ses intérêts offensifs, en particulier en matière d'accès aux marchés publics américains.
« Le message de l'UE sera: nous sommes heureux d'intensifier les négociations, mais nous avons besoin encore plus qu'auparavant d'une indication selon laquelle les Américains sont prêts à prendre en compte nos intérêts offensifs, par exemple, les marchés publics. Je pense que ce sera le thème des conversations », a expliqué notre source. « Oui à l'intensification des négociations, mais plus que jamais les Américains doivent répondre à nos préoccupations. Sinon, un accord sera très difficile », a-t-elle précisé.
Malgré des progrès enregistrés lors du 13ème round de négociations fin avril à New-York (EUROPE 11453) dans la consolidation des textes dans les piliers 'réglementation' et 'règles', du travail reste à accomplir et des ponts à bâtir pour satisfaire les intérêts offensifs de l'UE - services, marchés publics, indications géographiques - et boucler un accord de principe d'ici fin 2016, comme le veulent les deux parties
En parallèle aux négociations au plan technique, la Commission et l'administration américaine s'efforcent de maintenir l'élan au niveau politique. À cet égard, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, s'était rendue à Washington, mardi 28 juin, pour une septième rencontre bilatérale en 2016 avec le représentant américain au Commerce, Mike Froman.
À cette occasion, lors d'un discours devant le groupe de réflexion Atlantic Council, Mme Malmström avait insisté sur la nécessité que le TTIP prévoie un accès au marché accru pour les services, des dispositions ambitieuses sur le développement durable, des solutions pour protéger les indications géographiques et une ouverture accrue des marchés publics américains.
« Nous savons que la commande publique est une question sensible aux États-Unis. Et nous sommes prêts à examiner un résultat ambitieux qui prenne cette sensibilité en compte. Mais il est essentiel que les États-Unis comprennent bien qu'en Europe, c'est le déséquilibre actuel (en la matière) qui est la question très sensible. Une amélioration substantielle est nécessaire sur les possibilités d'accès aux marchés à tous les niveaux de gouvernement aux États-Unis. Ce que l'UE réclame - sur les marchés publics, les services, la coopération réglementaire, les indications géographiques et l'investissement - est faisable, à condition que la volonté politique soit là », avait-t-elle insisté. (Emmanuel Hagry)