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Bulletin Quotidien Europe N° 11588
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

M. De Guindos à Bruxelles pour plaider la cause espagnole

Bruxelles, 06/07/2016 (Agence Europe) - Le ministre espagnol de l'Économie, Luis De Guindos, s'est rendu au siège de la Commission européenne, mercredi 6 juillet à Bruxelles, pour plaider la cause de l'Espagne, pays en forte croissance mais dont le déficit dévie de la trajectoire agréée à l'échelon européen.

Selon la presse espagnole, les discussions entre M. De Guindos et le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, et celui chargé de l'Euro, Valdis Dombrovskis, n'ont pas abordé l'éventualité d'une sanction qui pourrait prendre la forme d'une pénalité financière (maximum 0,2% du PIB) ou d'une suspension de fonds structurels, conformément au Pacte de stabilité et de croissance révisé.

L'Espagne et le Portugal sont à la manœuvre pour minimiser l'impact que pourrait avoir la recommandation de la Commission, attendue pour jeudi ou vendredi, selon laquelle les deux pays n'auraient pas pris de mesures suffisamment effectives pour réduire leur déficit public (EUROPE 11587). Une telle recommandation ouvrirait la voie à une sanction éventuelle, même symbolique.

Mais l'incertitude régnait, mercredi 6 juillet, sur l'inscription de ce dossier à l'agenda du Conseil Ecofin du mardi 12 juillet. Si les États membres renvoient leur examen de la situation budgétaire à plus tard, l'Espagne disposerait notamment d'un nouveau délai, courant jusqu'à octobre, pour former un gouvernement et s'engager à prendre des mesures budgétaires correctives.

Le Parlement européen hostile aux sanctions

Au Parlement européen, les principaux groupes politiques ne voient pas d'un bon œil la perspective d'une sanction à l'encontre de l'Espagne et du Portugal dans un contexte politique chahuté. « Nous sommes d'accord avec les socialistes »: « il faut appliquer ces règles de manière flexible, mais sans briser les règles », avait déclaré Manfred Weber (PPE, allemand), mardi à Strasbourg. Selon Gianni Pittella (S&D, italien), le moment n'est pas venu de punir des pays qui retrouvent le chemin de la reprise. « Utiliser ce terme de sanctions est une aberration et une erreur politique majeure, en risquant de se mettre à dos tous les citoyens », a-t-il déclaré. Pour Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge), si on veut que les règles budgétaires européennes soient crédibles, « il faut qu'elles aient du sens économiquement ». Or, on constate que ces règles sont contreproductives et aggravent la situation, a-t-il estimé. Le groupe GUE/NGL a condamné « le chantage » imposé au nom de la crédibilité du Pacte sur les deux pays ibériques. Selon lui, toute sanction est « illégitime et inacceptable ». En agissant de façon punitive, « l'Union européenne prouverait que dans le périmètre de ses propres règles, il est impossible d'élaborer des politiques visant à en finir avec la pauvreté », a lancé l'Espagnole Marina Albiol. (Mathieu Bion et Lionel Changeur)

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