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Bulletin Quotidien Europe N° 11587
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) avenir de l'ue

M. Juncker peu enthousiaste à l'idée de modifier le traité

Bruxelles, 05/07/2016 (Agence Europe) - L'hypothèse d'un changement de traité pour réformer une Union européenne à vingt-sept États membres après la sortie du Royaume-Uni n'a pas les faveurs du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« J'ai dit qu'on ne peut pas continuer comme avant, mais je me refuse à tout revoir. Je suis d'accord avec ceux qui disent que le moment n'est pas venu pour procéder à des réformes institutionnelles qui porteraient loin. Je suis d'accord avec tous ceux qui disent que le moment n'est pas venu pour revoir les traités », a déclaré M. Juncker, mardi 5 juillet, lors d'un débat sur les résultats du dernier sommet européen à l'agenda bouleversé par la victoire des Britanniques partisans d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE. Il a prôné l'accélération de l'agenda de réformes déjà agréé au niveau européen, citant l'union numérique et l'union des marchés de capitaux. Pour cela, il convient d'appliquer les décisions déjà prises, a-t-il insisté.

De nombreux pays, comme l'Allemagne, l'Autriche et la Slovaquie, s'opposent à une modification des traités pour réformer l'UE, alors que la Pologne y est favorable (EUROPE 11585, 11583).

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a assuré que les 27 États membres étaient déterminés à rester unis et à continuer d'avancer. Pour lui, les leaders européens, qui se réuniront de manière informelle à Bratislava vendredi 16 septembre, doivent tenir compte du mécontentement des citoyens européens qui s'est manifesté à travers le référendum britannique, en leur redonnant « espoir ».

Critique de l'intergouvernementalisme

Plusieurs députés ont critiqué les États qui s'accrochent à l'approche intergouvernementaliste pour gérer les affaires européennes. Au nom du groupe S&D, l'Italien Gianni Pittella a estimé que l'incapacité des Vingt-Sept à proposer rapidement des réformes concrètes constituait « l'énième preuve de la faiblesse de l'Europe intergouvernementale ». Il a fustigé les déclarations du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, favorable à l'octroi de compétences en matière de gouvernance économique à l'Eurogroupe au détriment de la Commission. « La Confédération d'États-Nations basée sur la règle de l'unanimité, c'est ça le problème que vous ne voulez pas reconnaître ! », a lancé Guy Verhofstadt (ADLE, belge) à M. Tusk.

Si, à Bratislava, les Vingt-Sept trouvent des solutions à leurs problèmes communs tels que le défi migratoire, les citoyens seront persuadés que l'Europe fonctionne, a estimé Manfred Weber (PPE, allemand). Selon lui, ce ne sont pas les structures qui sont mises en cause, mais les résultats.

D'autres élus ont mis les résultats du référendum britannique sur le compte de la montée des inégalités. Au nom du groupe GUE/NGL, l'Allemande Gabriele Zimmer a estimé que le seul moyen de rétablir la confiance était de soutenir « ceux qui ont peur du déclassement social ». Elle a plaidé pour l'introduction dans l'UE d'« un salaire minimum qui irait au-delà du seuil de pauvreté » et pour le principe 'à travail égal, salaire égal'. Selon Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande), il faut apporter des réponses à la montée des inégalités, faute de quoi cette situation sera exploitée par les nationalistes et les europhobes. « Il faut comprendre pourquoi les citoyens britanniques ont pu voter contre leurs propres intérêts », a-t-elle souligné.

« Continuez à vouloir imposer plus d'Union européenne » alors que « les peuples veulent qu'on leur rende leur souveraineté », a raillé Marine Le Pen (ENL, française), qui a promis un référendum sur la sortie de la France de l'UE en cas de victoire aux élections présidentielles françaises au printemps 2017. Et d'ajouter: « Soit vous changez radicalement, soit vous disparaîtrez ! ». (Mathieu Bion avec Lionel Changeur)

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