Bruxelles, 05/07/2016 (Agence Europe) - Prise en tenaille entre les partisans d'une application stricte des règles du Pacte de stabilité et de croissance et ceux favorables à une application 'intelligente' des règles budgétaires européennes, la Commission européenne est à la recherche d'une solution visant à contenter tout le monde - ou personne - sur la situation budgétaire de l'Espagne et du Portugal.
Lisbonne et Madrid ayant fortement dévié de leur trajectoire budgétaire (EUROPE 11586), la Commission ne peut que reconnaître que les deux pays ibériques n'ont pas suffisamment pris de mesures effectives pour ramener leur déficit public sous la barre des 3% du PIB.
Mais la recommandation de la Commission rendant possible l'imposition d'une sanction financière (maximum 0,2% du PIB) ne sera formalisée que d'ici à la fin de la semaine, une fois le dossier formellement inscrit à l'ordre du jour du Conseil Ecofin du mardi 12 juillet. « Aujourd'hui, le Collège a eu une première discussion sur la situation budgétaire en Espagne et au Portugal sur la période 2013-2015. Des décisions seront adoptées très prochainement », a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et financières et à la Fiscalité, Pierre Moscovici.
Si, mardi prochain, le Conseil Ecofin renvoie l'examen de la situation budgétaire espagnole et portugaise à plus tard, la prochaine échéance serait alors octobre, les ministres européens des Finances ne pouvant prendre des décisions lors de leur réunion informelle de septembre à Bratislava. Ce délai permettrait à la situation politique espagnole de se décanter avec peut-être la formation d'un gouvernement. Celui-ci pourrait annoncer des mesures budgétaires supplémentaires afin de respecter ses engagements budgétaires et faire éloigner la perspective d'une sanction financière. (Mathieu Bion)