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Bulletin Quotidien Europe N° 11587
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Perturbateurs endocriniens, l'impact des nouveaux critères en question

Bruxelles, 05/07/2016 (Agence Europe) - Quelque 76 substances chimiques pourraient être retirées du marché européen en raison de leur dangerosité. Telle est la conclusion de l'étude d'impact relative aux perturbateurs endocriniens publiée le 30 juin, qui évaluait un total de 630 substances. Déçues, les organisations de défense de la santé humaine mènent campagne.

Les ministres européens interpellés. Le Réseau européen de scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale (Ensser) et le réseau d'action contre les pesticides PAN-Europe ont envoyé un courrier aux ministres de l'Environnement et de l'Agriculture. Le ton est donné dès l'intitulé, formulé comme suit: « Le commissaire à la Santé a choisi de protéger les profits de l'industrie plutôt que la santé des européens et l'environnement ». Dans leur lettre, datée du 29 juin, les deux organisations s'insurgent contre les nouveaux critères européens permettant de définir un perturbateur endocrinien. Pour rappel, la Commission avait proposé mi-juin de s'appuyer sur la définition du Programme international sur la sécurité des substances chimiques (PISC) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour identifier ces substances interférant avec le système hormonal. Selon les deux organisations de santé, les nouveaux critères rendront l'identification des perturbateurs endocriniens « extrêmement difficile » et prenant « énormément de temps ». « À notre grand regret, la Commission n'a pas seulement proposé des critères lourds qui prendront des années d'analyse, mais elle a aussi permis qu'une substance identifiée comme un perturbateur endocrinien continue d'être utilisée dans le secteur de l'agriculture si elle représente un risque négligeable », indiquent-elles dans la lettre. Les organisations formulent des demandes concrètes aux ministres européens: plus de temps, le retrait de la référence à un risque négligeable, une définition plus large des perturbateurs endocriniens et des tests immédiats.

Une substance sur huit potentiellement menacée. Au lendemain de cette lettre, la Commission européenne a publié son évaluation de 700 substances chimiques, réalisée selon la méthodologie du Centre commun de recherche (CCR) entre mai 2015 et juin 2016. En appliquant la définition de l'OMS/PISC, le rapport aboutit à identifier 76 substances chimiques (sur un total de 630) comme des perturbateurs endocriniens. Il s'agit plus exactement de 32 pesticides à usage agricole (des « produits phytopharmaceutiques », dans le jargon) sur les 348 actuellement autorisés par le règlement 1107/2009, de 6 biocides (produits chimiques à usage domestique) sur les 96 autorisés par le règlement n° 528/2012, et de 38 produits chimiques divers parmi les 186 autorisés par les règlements sur les produits chimiques (REACH), les produits cosmétiques (CPR) et la directive-cadre sur l'eau (WFD). Dans un second tableau, l'Institut de recherche revoit légèrement sa copie pour les produits phytopharmaceutiques à la lumière d'informations additionnels. Il parle de 27 substances, plutôt que de 32.

Interrogé par EUROPE, le service de presse de la Commission européenne n'a pas été en mesure de nous aider à interpréter ces résultats. L'étude d'impact est consultable à la page:

http://ec.europa.eu/health/endocrine_disruptors/docs/2016_impact_assessment_study_en.pdf . (Sophie Petitjean)

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