Bruxelles, 29/06/2016 (Agence Europe) - Cinq jours après la victoire des Britanniques partisans d'une sortie de leur pays de l'Union européenne, les leaders des 27 autres pays de l'Union européenne ont signifié, mardi 28 juin au Premier ministre britannique sortant David Cameron, qu'ils respectaient ce résultat mais qu'il était dans l'intérêt de toutes les parties que le Royaume-Uni active le processus de sortie sans trop tarder (EUROPE 11580). Plusieurs d'entre eux ont aussi pointé l'absence totale de plan de sortie du Royaume-Uni, ce qui pourrait à terme s'avérer problématique.
David Cameron s'est engagé à activer l'article 50 du traité (définissant le processus de sortie d'un État de l'UE), a affirmé Donald Tusk, le président du Conseil européen, à l'issue de la première journée de travail des leaders européens. Le responsable polonais a insisté sur le fait que « l'intention des Britanniques (devait) être précisée dès que possible » Il a aussi noté que, selon le président de la BCE Mario Draghi, les effets négatifs du référendum britannique sur l'économie étaient moins négatifs qu'envisagé initialement.
Devant la presse, M. Cameron a assuré que cet exercice reviendrait au prochain Premier ministre qui devrait être nommé dans les 10 premiers jours de septembre. C'est à lui - ou à elle - qu'il reviendra de définir la meilleure approche à prendre pour activer l'article 50, et d'essayer de nouer avec l'Union une relation qui soit la plus proche possible, a poursuivi le leader conservateur démissionnaire.
Selon le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, tant qu'il n'y aura pas de notification, il n'y aura pas de négociation. Il a insisté sur la nécessité pour les leaders britanniques d'avoir un plan de sortie de l'UE. « Je comprends dans une certaine mesure que David Cameron veuille du temps pour réfléchir, car il a plaidé pour le maintien dans l'UE. Ce que je ne comprends pas, c'est que ceux qui voulaient partir sont incapables de nous dire ce qu'ils veulent. Quand on veut partir, on doit avoir un plan. J'espère que la notification arrivera dès que possible », a dit M. Juncker.
« Je crois que ce qui est devenu clair, c'est à quel point il y a peu de plans », a commenté Christian Kern, le chancelier autrichien. « Le camp du 'Remain' ne s'est pas préparé en cas d'une décision négative. Et ceux qui voulaient le 'Brexit' n'ont clairement pas la moindre idée non plus. Et c'est donc maintenant notre problème », a-t-il commenté.
« Le référendum est un résultat décevant pour nous, tous mais c'est un fait », a commenté de son côté le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont le pays achève le 30 juin sa présidence tournante du Conseil de l'UE. Il a assuré que l'UE ne se croiserait pas les bras en attendant le processus de notification. La réunion à vingt-sept de ce mercredi permettra d'analyser ce qui s'est passé et de discuter du futur. « Le scepticisme est ambiant dans d'autres États membres. A nous de voir comment la coopération européenne peut donner des résultats », a ajouté le dirigeant néerlandais.
« Le débat a été intense. Nous avons tous exprimé notre regret quant au résultat du référendum », a réagi la chancelière allemande Angela Merkel, indiquant que le Conseil européen n'avait pas parlé de la possibilité que « le Royaume-Uni ne présente pas de notification ». « Le référendum est là. C'est une réalité. On aura cette notification du Royaume-Uni après une période qui aura permis d'envisager les relations futures. On ne veut pas de période d'incertitude prolongée », a-t-elle assuré. (Solenn Paulic avec Sophie Petijean, Pascal Hansens, Camille Cerise Gessant, Aminata Niang et Maëlle Didion)