Bruxelles, 28/06/2016 (Agence Europe) - La note du Royaume-Uni a été dégradée, lundi 27 juin, par les agences de notation Standard and Poor's (S&P's) et Fitch.
S&P's explique sa décision par l'incertitude issue du référendum en faveur du 'Brexit'. S&P's anticipe également « un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace » dans les mois à venir. Fitch prédit, quant à elle, un « ralentissement brutal » de la croissance britannique. Elle a dégradé la note de la dette britannique de AA+ à AA, avec une perspective négative.
La livre sterling a encore chuté, atteignant des nouveaux niveaux minima face à l'euro et au dollar, lundi. La Bourse de Londres perdait 1,21% à la mi -journée. Les cours des actions des banques britanniques ont plongé (-17% pour Barclays). Un sondage auprès des entreprises montrait par ailleurs qu'un cinquième des dirigeants d'entreprises britanniques envisageaient de délocaliser en partie leurs activités.
Cette incertitude sur les marchés financiers est l'une des raisons qui ont poussé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, à appeler à accélérer la cadence. « Nous ne pouvons pas permettre une période prolongée d'incertitude. Je ne suis pas un esclave des marchés financiers, mais je regarde ce qu'ils font », a-t-il déclaré lors d'un débat au Parlement européen, mardi matin. Le commissaire en charge des Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a, quant à lui, tenu à rassurer sur l'impact potentiel de l'issue du référendum sur la croissance de la zone euro, mardi, sur BFM TV.
« Nous ne sommes pas face à un krach comme en 2008, nous sommes face à une correction, les marchés avaient beaucoup anticipé en faveur du 'remain' », a-t-il expliqué. « Il peut y avoir telle ou telle volatilité, la reprise n'est pas menacée, il n'y aura pas de récession », a-t-il assuré, ajoutant que pour le Royaume-Uni la situation était plus complexe, comme en témoigne, par exemple, la chute de la livre sterling.
Pour ajouter aux mauvaises nouvelles, le chancelier de l'Échiquier, George Osborne, a reconnu que de nouvelles coupes dans les dépenses publiques et hausses de taxes seraient nécessaires. « Nous allons absolument devoir fournir de la sécurité budgétaire aux gens, nous devrons montrer au pays et au monde que le gouvernement peut vivre selon ses moyens », a-t-il dit sur les ondes de la BBC radio 4. (Élodie Lamer)