Bruxelles, 28/06/2016 (Agence Europe) - Malgré le vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE ('Brexit') et l'opposition croissante de la France, les États-Unis ont réaffirmé, lundi 27 juin, leur souhait de conclure leurs négociations pour un accord de libre-échange avec l'UE (TTIP) d'ici fin 2016.
« Notre objectif reste de continuer à travailler avec l'UE pour conclure un accord ambitieux, complet et de très haute qualité cette année », a assuré lundi le représentant américain au commerce (USTR) Michael Froman, jugeant toutefois nécessaire « d'évaluer » l'impact du 'Brexit' sur les négociations TTIP. « La raison d'être économique et stratégique du TTIP reste forte », a-t-il insisté.
En dépit de la « situation sans précédent » provoquée par le vote britannique en faveur du 'Brexit', la commissaire européenne en charge du Commerce, Cecilia Malmström, a assuré, lundi, de la poursuite des négociations commerciales menées par l'UE à tous les niveaux, et en particulier des négociations TTIP, dans lesquelles elle s'est dite « déterminée à faire autant de progrès que possible dans les mois à venir ».
À la veille du 14ème round de négociations TTIP du 11 au 15 juillet à Bruxelles, Mme Malmström se rendait à Washington, ce mardi 28 juin, pour s'entretenir avec M. Froman et maintenir l'élan au plan politique afin du boucler un accord de principe d'ici fin 2016.
Lundi, M. Froman a aussi reconnu la difficulté pour les gouvernements européens de mener à bien les négociations TTIP. « Les Européens ont beaucoup de pain sur la planche - le vote sur le 'Brexit', la crise des migrants, la montée du scepticisme vis-à-vis de Bruxelles et d'autres questions difficiles », a-t-il souligné, s'exprimant lors d'une conférence à Washington. « Nous compatissons et nous espérons qu'ils sauront réunir l'attention et la volonté politique nécessaires pour parvenir (à un accord) », a-t-il conclu.
La veille, et avant le Conseil européen des 28 et 29 juin, où le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, devrait demander aux Vingt-huit un soutien renouvelé aux négociations TTIP, le Premier ministre français, Manuel Valls, avait réaffirmé l'hostilité de la France à l'égard du TTIP, estimant que ce projet « ne va pas dans le bon sens ». « Il ne peut y avoir d'accord de traité transatlantique », a-t-il insisté, expliquant que ce traité « imposerait une vision qui ferait, non seulement le lit des populismes, mais qui, tout simplement, serait mauvaise pour l'économie française », avait insisté M. Valls. (Emmanuel Hagry)