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Bulletin Quotidien Europe N° 11520
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) france

à 3,5% du PIB, le déficit public est meilleur que prévu

Bruxelles, 29/03/2016 (Agence Europe) - Le déficit public français s'est élevé à 3,5% du PIB en 2015 grâce à la réduction des dépenses locales et à la politique monétaire accommodante de la BCE, selon des données qu'a publiées l'institut statistique français (INSEE), vendredi 25 mars.

« C'est la première fois depuis longtemps que non seulement la France atteint les objectifs qu'elle s'était fixés, mais aussi les améliore », a souligné le ministre français des Finances, Michel Sapin. En ramenant le déficit de 4,0% du PIB en 2014 à 3,5% en 2015, la France fait mieux que la trajectoire qu'elle avait négociée en mars 2015 avec l'échelon européen lorsqu'un nouveau délai supplémentaire de 2 ans lui avait été accordé pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB. La trajectoire officiellement assignée au gouvernement français est la suivante: après 4% du PIB en 2015, 3,4% en 2016 et 2,8% en 2017 (EUROPE 11271).

Cette nette amélioration des finances publiques est « essentiellement » due à la chute des investissements des administrations locales, selon l'INSEE, qui pointe une chute de 10% de ces investissements en raison notamment du cycle électoral. Elle s'explique aussi par une nouvelle baisse de 4,5% des intérêts de la dette française qui bénéficie de l'opération 'quantitative easing' de rachat de titres souverains qu'a lancée la BCE en mars 2015.

Selon l'INSEE, la croissance s'est élevée à 1,2% du PIB l'année dernière. Les autorités françaises tablent sur une croissance de 1,5% en 2016 tandis que la Commission européenne envisage 1,3%. La dette publique devrait avoir atteint son pic, à 95,7% du PIB en 2015 contre 95,3% l'année précédente. En baisse constante depuis 2013, les dépenses publiques restent à un niveau élevé par rapport à la moyenne européenne, à 55,3% du PIB. Les prélèvements obligatoires ont baissé, de 44,8% du PIB en 2014 à 44,5% grâce au crédit d'impôt CICE pour les entreprises et aux baisses d'impôt sur le revenu des ménages.

Le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a qualifié de « signal positif » les chiffres dévoilés vendredi, via son compte Twitter. Selon lui, l'engagement d'un retour sous le seuil des 3% du PIB est « atteignable », si les efforts sont maintenus en 2016 et 2017.

Pour 2016, la marche paraît relativement facile à atteindre pour la France, du moins en termes de déficit public nominal. Le Premier ministre français, Manuel Valls, avait confirmé, mercredi 23 mars à Bruxelles, que son pays respecterait ses engagements budgétaires (EUROPE 11518).

Le programme de stabilité, que Paris transmettra à la Commission européenne d'ici à fin avril, devra néanmoins intégrer les nouvelles dépenses annoncées depuis début 2016 telles que le plan pour l'emploi et la formation, les aides d'urgence aux agriculteurs et le coup de pouce attribué aux fonctionnaires. Ces dépenses devraient être compensées par des économies supplémentaires dans un contexte d'inflation encore plus faible que prévu. Dans son projet de budget 2016, le gouvernement français prévoyait déjà des économies à hauteur de 16 milliards d'euros pour 2016 (5,1 milliards de l'État, 3,5 milliards des collectivités locales, 7,4 milliards de la sécurité sociale) (EUROPE 11401). (Mathieu Bion)